Résumé

Charles Pilard Deux mois à Lille par un professeur de musique

Je n’aime pas celle qui ne représente rien. La musique au théâtre fait corps avec la parole pour peindre toutes les passions du cœur humain ; s’idéalisant davantage dans les œuvres classiques de chambre ou de symphonie, elle se présente à nous, ou plein de grâce naïve et de simplicité, ou de noblesse et de grandeur. Mais pour remplir ces différents buts, il lui faut avant tout la mélodie, le reste vient en seconde ligne. À quoi sert d’affubler du plus splendide vêtement harmonique une phrase plate et sans caractère ? À quoi ressemble donc un morceau où le chant ne domine pas ?
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Charles Pilard Deux mois à Lille par un professeur de musique

Ainsi que je le disais tout à l’heure, la musique est en honneur à Lille, elle y reçoit, à l’égal des autres connaissances humaines, un culte assidu, même de la part de ceux qui n’en font pas profession. Mais cette passion si vive, quand elle n’est pas réglée, tourne souvent au détriment du fini de l’art, en ce que beaucoup d’amateurs, forts de leur facilité de lecture, voient sans cesse du nouveau sans rien approfondir et ne gardent de l’œuvre déchiffrée que l’idée incomplète résultant d’une première exécution.
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Charles Pilard Deux mois à Lille par un professeur de musique

Tout le monde, malheureusement, ne possède pas en soi la force ascensionnelle nécessaire pour élever son âme vers le ciel ; à beaucoup de nous il faut un excitant qui tombe sous nos sens ; or, quel plus noble stimulant que la musique ? Soit qu’elle éclate en fanfares d’allégresse dans un Te Deum, ou que dans un Requiem de Mozart elle rappelle à ceux qui ont pu l’oublier le grand jour de la justice, la musique peut être pour la religion un puissant auxiliaire, de même qu’elle est l’agent le plus actif de la moralisation.
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