Résumé

Camille Bellaigue Revue musicale - Beethoven, d'après les témoins de sa vie

Pour ce qu’il y a de bon, de fort, en un mot, pour la vraie musique, tout sentiment s’est perdu ici. En vérité, vous autres Viennois, c’est là que vous en êtes. Rossini et consorts, voilà vos héros. Quelquefois Schuppanzigh [1] me demande un quatuor. Quant aux symphonies, vous n’avez pas le temps. Et vous ne voulez pas de Fidelio. Rossini, Rossini vous plait par-dessus tout. A moins que peut-être vos productions à vous-mêmes, vain babil et chansonnettes sans âme, ne vous aient rendus insensibles à l’art véritable. En tout cas, Viennois, voilà votre goût.
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Camille Bellaigue Revue musicale - Beethoven, d'après les témoins de sa vie

Comme la Commedia dont fut témoin le grand poète, celle dont le grand musicien fut le héros eut quelque chose de divin.
« Très grand sans doute... Mais non pas dans le monde de la pensée. » Décidément, en achevant de parler de Beethoven, le plus humble des musiciens ne saurait, sans une sorte d’impiété, souscrire à cette restriction de sa grandeur. Quand Beethoven a dit lui-même : « Mon royaume est dans l’air, » il ne parlait que de l’élément, subtil, et pourtant matériel, ou physique, de son génie. Mais il disait encore : « La musique est esprit et elle est âme. »
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Camille Bellaigue Revue musicale - Beethoven, d'après les témoins de sa vie

En d’autres termes, la musique est une manifestation, et comme une catégorie, non pas seulement du sentiment, de la passion, mais de l’intelligence et, — ne craignons pas le mot, — de la pensée. Dans l’œuvre d’un Beethoven, on ne fera jamais trop large la part de la logique et de l’ordre, de la raison, de l’entendement, des « idées » enfin, — musicales sans doute, — mais que tout de même on appelle, ne sachant les nommer autrement, les « idées. »
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