Iphigénie en Tauride

Définition et enjeux

Camille Bellaigue Revue des Deux Mondes

Goethe a permis que Thoas, le tyran de Tauride, aimât Iphigénie. Le dramaturge français ne l’avait pas voulu. Son héroïne est la plus pure : elle ne sait que ressentir la pitié sans inspirer l’amour.
Orphée, et surtout Iphigénie en Tauride, c’est notre tragédie racinienne accrue, exhaussée encore de tout ce que la musique comporte de beauté. Mieux vaut décidément entendre parler de la « divine Iphigénie » que de « la demoiselle de l’usine, » comme dans les livrets de M. Zola. « Noble Gluck, héros exceptionnel, » disait Hoffmann.
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Maurice Barrrès Revue des Deux Mondes

« L’artiste, dit-il, lui a donné les traits d’une jeune fille robuste et ferme, sans froideur et sans rudesse. Je l’ai étudiée avec soin et je lui lirai en esprit mon Iphigénie. Je ne ferai rien dire à mon héroïne que cette sainte n’ait pu exprimer. »
Plus tard, il se plaindra qu’aucun acteur allemand ne puisse se faire l’âme assez noble pour jouer les rôles et prendre les attitudes d’Iphigénie en Tauride. En effet un très petit nombre de personnes sont à un degré suffisant de culture pour ressentir, repenser l’esprit profond de cette tragédie qui est une pièce civilisatrice.
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Portrait de Ernest Legouvé Ernest Legouvé Dernier travail, derniers souvenirs

Il y a là une œuvre d’art d’une invention si exquise et si française, que le génie grec, qui l’a inspirée, n’en a jamais crée une semblable. Sans doute, on pourrait lui opposer le chœur des jeunes filles dans l’Iphigénie en Tauride, d’Euripide. Elle aussi, elles chantent, elles pleurent la patrie absente, mais Racine ajoute à ces plaintes un cri de terreur étouffé, qui en fait une élégie tragique.
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