Maurice Barrrès

Résumé

Maurice Barrrès Revue des Deux Mondes

Le νοῦς d’Anaxagore sensible au cœur, tangible aux yeux, à la main, c’est l’œuvre de Phidias.
Je ne m’étonne pas qu’après Marathon et Platées, il y ait eu chez les Athéniens un état d’esprit propre à se traduire dans une telle philosophie et à se satisfaire avec le Parthénon. C’est par le νοῦς, par l’intelligence et par l’âme, que les Grecs ont vaincu les masses barbares. Athènes est l’endroit où il y a le plus d’intelligence et d’âme, et dans Athènes, doivent dominer les hommes à qui il a été réparti le plus d’intelligence et d’âme.
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Maurice Barrrès Revue des Deux Mondes

Mais peut-être les pierres de mémoire élargissent-elles en tombant le culte qu’elles commémoraient. La plaine tout entière devient un monument aux héros. Ce soir, l’horizon, l’histoire et ma chétive pensée font un accord inoubliable. Le soleil a disparu derrière le Taygète, les splendeurs sensibles s’éteignent et cèdent à la fièvre, que je m’enivre encore de la vallée de Sparte.
C’est possible qu’en tous lieux la nature révèle un Dieu, mais je ne puis entendre son hymne que sur la tombe des grands hommes.
XVI. — LES MATINÉES CLASSIQUES DE SPARTE
Mes yeux et mon cœur sont neufs ce matin.
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Maurice Barrrès Revue des Deux Mondes

Il est le sommet où l’on mesure le plus haut génie de l’art grec. Je n’ignore pas que certains savans tiennent Phidias, comme Raphaël en Italie, pour le commencement de la décadence ; c’est une opinion où je me range si elle revient à dire, comme je crois, que la fleur en s’épanouissant annonce son déclin. Quoi qu’il en soit, j’aurai beaucoup fait pour mon intelligence de la Grèce, si je puis approcher, entrevoir la pensée vivante, le modèle moral que portait en soi un Phidias, et sur lequel il a exécuté son œuvre.
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