Lyautey, Revue des Deux Mondes
“ Dans la dernière heure pourtant, de Braïla à Galatz, j’ai pu me laisser absorber, tant le Danube était saisissant par cette triste soirée de Mer-Noire, sous une lune qui ne parvenait pas à percer la brume opaque, et si immense ce fleuve qu’il y a dix jours j’avais vu à Ulm presque naissant, il y a trois jours, entre Mœlk et Vienne, large comme la Loire à Tours, puis à Orsova, perçant, irrésistible, la barrière des Carpathes, et, ici, sans limites précises, battant les roues du train, épandu par la plaine basse jusqu’à la noire et mince bande de la rive opposée, au loin, là-bas. ”
