M. A. Proust

Résumé

M. A. Proust Le Tour du monde

On peut donc affirmer aujourd’hui que les monuments grecs sont faits d’après nature, et que de l’harmonie parfaite de leurs lignes avec les lignes environnantes est née cette plénitude de caractère qu’aucun art n’a pu atteindre. D’après nature n’est pas, cependant, l’expression propre : l’art grec interprète la nature et achève l’œuvre divine, c’est-à-dire qu’il n’est pas indifférent que le monument soit dans la vallée ou sur la montagne, et que le Parthénon couronne et complète le rocher de l’Acropole, tout comme le fronton de Phidias couronne et complète le Parthénon.
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M. A. Proust Le Tour du monde

Que le mince résultat obtenu ne fasse pas illusion ; si on est arrivé à faire une société dans Athènes à l’instar de l’Europe, on ne refond pas aussi facilement tout un peuple, et le jour où ce peuple soufflera sur cet échafaudage mal assis, il en restera si peu de traces qu’on doutera même qu’il ait jamais existé.
Il est un lieu commun qu’on ne cesse de répéter en Grèce. L’Orient a civilisé l’Occident, l’Occident lui doit la civilisation.
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M. A. Proust Le Tour du monde

On ne l’évite nulle part, ni au café, ni à la promenade, ni dans les salons, et le dialogue conjugal lui-même pourrait être, dans notre pays, sujet au timbre.
Cette préoccupation des Athéniens n’a rien de surprenant. Les puissances occidentales ont fait d’Athènes un terrain de lutte ; la société phanariote a de tout temps vécu de politique, et il n’est pas un Athénien qui ne prête l’oreille au moindre bruit de l’Europe, tant l’amour de la patrie commune est développé en eux, et tant surtout peut gagner à la moindre secousse ce petit royaume étroitement taillé.
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