Eugène-Melchior de Vogüé

Eugène-Melchior de Vogüé

Résumé

Portrait de Eugène-Melchior de Vogüé Eugène-Melchior de Vogüé Le mont Athos, un voyage dans le passé (1876)

Pourtant si la vie et l'intérêt qu'elle éveille font aujourd'hui défaut à cette société, elle garde le secret d'un passé qui ne fut pas sans grandeur, et mérite à ce titre de retenir notre attention. Les lieux, les moeurs, l'esprit général, nous rendent ce passé intact, avec la fidélité scrupuleuse qui nous adonné parfois l'illusion d'y vivre ; les hommes seuls se sont modifiés. C'est comme une scène où la vérité du décor, du costume, des accessoires et du jeu est irréprochable, mais où l'âme des acteurs n'est plus susceptible, — au même degré, — des passions qu'ils représentent.
Source : Gallica

Portrait de Eugène-Melchior de Vogüé Eugène-Melchior de Vogüé Le mont Athos, un voyage dans le passé

Le passé et le silence ! l’homme ne vit pas seulement de ces deux négations ; on s’en aperçoit vite après un séjour à l’Athos. Nous désespérons de rendre l’impression d’étouffement et de malaise, le spleen qui se dégage de cette existence factice, la torpeur qui gagne l’esprit dans cette course à travers les sépulcres. Sur cette nature si riche et si vigoureuse, mais frappée de stérilité, un voile de deuil s’étend insensiblement, l’œil voit noir, la nausée vient au cœur à respirer les fades arômes de l’embaumement : ces fantômes de cire au regard atone hantent le sommeil de la cellule.
Source : Wikisource

Portrait de Eugène-Melchior de Vogüé Eugène-Melchior de Vogüé Le mont Athos, un voyage dans le passé (1876)

Tout cela baigne dans une clarté chaude et allègre, sue la jeunesse, la séve et la vie : c'est la dernière et la plus complète de ces fêtes des matins de voyage qui vont nous être dérobées; elle étonne et enchante d'autant plus nos yeux attristés longtemps par les horizons pierreux de Jérusalem.
Toute la route, jusqu'à Lydda, que nous allons chercher un peu au nord, à une heure de Ramleh, avant de redescendre sur Jaffa, est de même souriante, entre les bois, les vergers et les blés naissants. A partir d'ici, la plaine de Sârons vaut toute sa renommée : c'est le Paradis de la pauvre Palestine.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature