Félix Deltour

Élements biographiques

Félix Deltour Les Ennemis de Racine au XVIIe siècle… (1884)

Ce n'est pas à tort que Boileau, La Bruyère, Voltaire, Vauvenargues, La Harpe, ont vu dans cette tragédie un des chefs-d'oeuvre de la scène française, et dans le caractère qui la domine un des plus beaux efforts de l'esprit humain. Ce n'est pas à tort qu'il ont jugé que Racine « avait l'âme tragique », et qu'ils ont accordé au peintre de Burrhus, d'Acomat, de Mithridate et de Joad le talent de saisir et de retracer les héros 2. Nous osons, après eux, soutenir que Mithridate est un héros ; nous osons trouver de la grandeur jusque dans ce personnage de Xipharès, trop sacrifié par Voltaire.
Source : Gallica

Félix Deltour Les Ennemis de Racine au XVIIe siècle… (1884)

L'amour paraît aussi sur le théâtre comme dans la vie des anciens; mais tantôt c'est une passion furieuse où le corps a plus de part que l'âme, une maladie attribuée à la colère du ciel, comme le délire dont est fatalement frappée la Phèdre d'Euripide : tantôt ce sont des attachements de jeunesse qui excluent par leur objet et leur but toute délicatesse et toute pureté, et où le mariage ne paraît guère que comme réparation d'une faute déjà commise. Les tableaux qu'ils fournissent à la comédie n'auraient pas été admis sur notre théâtre.
Source : Gallica

Félix Deltour Les Ennemis de Racine au XVIIe siècle… (1865)

Combien les personnages de Racine, avec leurs proportions plus humaines, semblaient petits auprès de ceux-là! Combien l'habitude de cette sublimité un peu fastueuse pouvait rendre insensible au naturel délicat de Racine, à sa dignité pleine de nuances ! En outre, quand Mme de Sévigné écrivait, Corneille n'était-il pas déjà dans ce lointain si favorable aux hommes de génie? Comment lui égaler ou lui préférer un jeune homme de beaucoup d'esprit, sans cloute, mais amoureux d'une comédienne, rival de M. de Sévigné, et qui soupait avec lui chez la Champmeslé?
Source : Gallica

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