“ A ce discours, laissant la sultane expirante, Il a marché vers nous, et d'une main sanglante, Il nous a déployé l'ordre dont Amurat Autorise ce monstre à ce double attentat. Mais, seigneur, sans vouloir l'écouter davantage, Transportés à la fois de douleur et de rage, Nos bras impatients ont puni son forfait, Et vengé dans son sang la mort de Bajazet. Atalide Bajazet! Acomat Que dis-tu? Osmin Bajazet est sans vie. L'ignoriez-vous? Atalide O ciel! Osmin Son amante en furie, Près de ces lieux, Seigneur, craignant votre secours, Avait au nœud fatal abandonné ses jours. ”
Bajazet
Définition et enjeux
Bajazet, personnage tragique de la tragédie de Jean Racine, incarne la tension entre autorité et passion dans un contexte ottoman. Les auteurs comme Lamartine ou Lemaître ont abordé ce thème à travers des perspectives variées : tandis que Racine met en scène les conflits amoureux et politiques de Bajazet, Lamartine le place dans une confrontation historique avec Timour, illustrant une réflexion sur la décadence des empires.
Lemaître, quant à lui, insiste sur la dramaturgie de la mort imminente qui obsède les personnages. Ces approches, mêlant fiction et histoire, révèlent la complexité du personnage à travers ses liens avec Roxane, Atalide et les forces du destin.
Citations sur “Bajazet”
Alphonse de Lamartine,
Les grands hommes de l'Orient…
(1865)
“ Bajazet, couvert de poussière et de sang, parut au même instant devant Timour. TIMOUR. 249 XXXII. Le vainqueur n'eut point l'orgueil ni l'insolence du triomphe devant le vaincu. Sa haute philosophie, exercée à l'école de tant de vicissitudes des batailles, se souvint des maximes des sages, et respecta le doigt de Dieu, même dans l'ennemi renversé par lui. Il se souvint surtout que Bajazet combattait pour la même foi et pour la même race que lui, et il lui demanda presque pardon de sa victoire. ”
“ Mais toi dont la valeur d'Amurat oubliée, Par de communs chagrins à mon sort s'est liée, Voudras-tu jusqu'au bout seconder mes fureurs? Osmin Seigneur, vous m'offensez: si vous mourez, je meurs. Acomat D'amis et de soldats une troupe hardie Aux portes du palais attend notre sortie; La sultane d'ailleurs se fie à mes discours; Nourri dans le sérail, j'en connais les détours; Je sais de Bajazet l'ordinaire demeure: Ne tardons plus, marchons, et s'il faut que je meure, Mourons; moi, cher Osmin, comme un vizir, et toi, Comme le favori d'un homme tel que moi. ”
