Résumé

Portrait de Jean Froissart Jean Froissart Les Chroniques de Sire Jean Froissart

« Comment, monseigneur Boucicaut, dit messire Jean Chandos, vous sentez-vous si bons chevaliers comme pour tenir cette forteresse à assaut contre le prince et son effort, et si ne vous est apparant confort de nul côté ? » — « Chandos, Chandos, répondit messire Boucicaut, je ne me tiens pas pour bon chevalier ; mais folie nous feroit mettre en tel parti d’armes que vous nous offrez ; et plus grand’folie le nous feroit prendre quand il n’est encore nul besoin. Dites à monseigneur le prince, s’il vous plaît, qu’il fasse ce que bon lui semblera, que nous sommes tous confortés de l’attendre. »
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Mais comment a-t-il osé faire nul traité de paix, ni d’accord, ni d’alliance, au duc de Lancastre, sans le sçu et consentement du roi de France, qui tant l’a prisé, aidé, honoré, et avancé, qu’il eût perdu son royaume, il n’en peut douter, si la puissance et le sang de France n’y eût été ? Il marchande bien, et jà a marchandé, mais qu’il soit ainsi comme on dit, de lui honnir et déserter : et, pour Dieu, qu’on se délivre de lui remontrer, et par homme si croyable, que en lui remontrant il commisse qu’il a mal fait.
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Par ma foi ! dit le comte de Savoie, vous dites bien ; et je veuil que Charles de la Paix sache que il a grand tort si il vous craint ; car je l’en assurerai ; ni jamais ne ferez enchantement pour décevoir lui ni autre. Je ne veuil pas que il nous soit reproché au temps à venir que en si haut fait d’armes que nous sommes, et tant de vaillans hommes chevaliers et écuyers assemblés, que nous ouvrons par enchantement, ni que nous ayons par tel art nos ennemis.
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