Résumé

P. Scudo Revue musicale - Beethoven, ses critiques et ses glossateurs

Aucun homme de génie n’a eu autant que Beethoven la volonté bien délibérée du rôle qu’il se proposait de jouer dans l’art, aucun révélateur de formes nouvelles ne s’est fait une conscience plus nette du but qu’il s’était promis d’atteindre. Excepté Gluck peut-être, qui dès son entrée dans la carrière de compositeur dramatique s’est trouvé en contact avec l’orgueil des virtuoses et toutes les invraisemblances de l’opéra italien auxquels il n’a pas daigné se soumettre, Beethoven est certainement l’artiste de génie qui a eu le plus d’empire sur l’acte mystérieux de sa propre inspiration.
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P. Scudo Revue musicale - Beethoven, ses critiques et ses glossateurs

A partir de la mort de Mozart, qui ferme le XVIIIe siècle, commence une ère nouvelle, celle de la musique moderne, dont Beethoven est l’expression la plus étonnante. Pour M. de Lenz au contraire, qui ne s’occupe guère que de la musique instrumentale, Beethoven est presque le seul compositeur dont il admette l’existence. Si l’ingénieux critique ne conteste pas tout ce que l’art doit au génie d’Haydn et à celui de Mozart, c’est sur Beethoven cependant qu’il concentre toutes ses adorations et qu’il épuise son enthousiasme.
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Mozart occupe dans l’histoire de l’art cette place unique qui appartient à la grâce suprême qui s’insinue et domine sans efforts : il est le bien-aimé de la sainte triade qui unit le père au fils, le passé à l’avenir. Son œuvre, plus étendue et plus variée que celle d’Haydn, embrasse tous les genres, et dans tous l’artiste incomparable atteint la perfection. Venu après ces deux grands hommes, Beethoven, qui est bien un enfant du XIXe siècle, en révèle aussitôt le caractère maladif et dominateur.
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