Résumé

Th. de Wyzewa La Jeunesse de Beethoven

Peut-être a-t-il fallu ce germe morbide pour donner au compositeur son extrême nervosité, le côté excentrique et singulier de sa nature ? Certes, jamais un artiste n’a été moins fou, ou si l’on veut moins malade, que Beethoven : son œuvre est l’expression dernière de la santé morale. Mais c’est la santé d’un être différent de nous, puisant sa joie et sa douleur à des sources trop profondes, et qui nous sont inconnues.
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Th. de Wyzewa La Jeunesse de Beethoven

On dit bien qu’il fut frappé de l’improvisation de Beethoven sur un thème qu’il lui avait donné, et l’on ajoute qu’il prononça à cette occasion un mot historique, affirmant que « la postérité entendrait parler de ce jeune homme ; » mais tout cela n’est guère certain, et, au surplus, ne signifie rien. Mozart, à peine remis du désespoir où l’avait plongé la mort de son père, était alors tout entier à la révolution qu’il essayait dans son art : il projetait une musique, ensemble voluptueuse et forte, utilisant toutes les règles de contrepoint pour la production d’une exquise jouissance sensuelle.
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Th. de Wyzewa La Jeunesse de Beethoven

Le père de Beethoven n’avait jamais songé à faire de son fils un compositeur : il jugeait suffisant qu’il apprît l’orgue, pour devenir organiste, et le piano, pour donner des concerts ou tout au moins des leçons. C’est Neefe qui, peut-être à la demande de l’enfant, eut l’idée de lui enseigner l’harmonie : elle était indispensable à un bon organiste, et puis Neefe n’était pas fâché de régler et d’assagir le flot impétueux d’idées musicales qu’il sentait chez son élève.
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