Fernand Gregh

Élements biographiques

Portrait de Fernand Gregh Fernand Gregh,  Revue des Deux Mondes

“ Je m’écriais : Ô nuit ! balbutiant d’extase,
Je répétais : Ô nuit ! sans dire un mot de plus ;
J’aurais voulu pouvoir submerger d’un reflux
D’étoiles mon cœur vierge offert comme un beau vase.
Ce vent venu de noirs pays délicieux,
J’aurais voulu pouvoir l’arrêter au passage.
En regardant là-haut ces soleils en voyage,
Je croyais regarder la vie au fond des yeux.
Maintenant, la fatigue a déjà fait plus blême
Ce front nu dont je sens la pâleur certains soirs ;
Et cependant le charme est demeuré le même :
Le bonheur est plus fort que tous nos désespoirs !
”
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Portrait de Fernand Gregh Fernand Gregh,  Revue des Deux Mondes

“ Et l’ombre s’épaissit aux branches des érables ;
Et c’est un soir pareil à des soirs innombrables
Où je ne vivais pas, où je ne vivrai plus.
LANGUEUR
Il souffle un vent d’automne étrange, cette nuit,
Dans la chaleur torride encore de l’été,
Un grand vent frais, et lourd de pluie, et plein de bruit,
Où le prochain orage a l’air d’être égoutté.
Et tout à coup, je sens une tendresse triste,
Un chagrin anxieux, tout chargé de mystère,
Frissonner dans l’ardeur de mon rêve, où persiste
L’espoir toujours fervent d’être heureux sur la terre.
”
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Portrait de Fernand Gregh Fernand Gregh,  Poésies (Fernand Gregh, 1914)

“ Tout l’infini tenait pour moi dans chaque instant.
Et l’odeur des jasmins était toute mon âme !
Comme on déchoit au gré des jours, comme on décroît !
Qu’êtes-vous devenus, avidité lyrique,
Nerveuse ardeur, élans d’une âme chimérique
Qui, ne connaissant rien du monde, attend, et croit !...
Hélas ! comme elles sont aujourd’hui moins profondes,
Qu’elles me versent moins de vague et tendre foi.
Les nuits d’été ! Combien souvent, même pour moi,
La musique a roulé moins de rêve en ses ondes !
”
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