Fernand Gregh,
Revue des Deux Mondes
“ Je m’écriais : Ô nuit ! balbutiant d’extase, Je répétais : Ô nuit ! sans dire un mot de plus ; J’aurais voulu pouvoir submerger d’un reflux D’étoiles mon cœur vierge offert comme un beau vase. Ce vent venu de noirs pays délicieux, J’aurais voulu pouvoir l’arrêter au passage. En regardant là-haut ces soleils en voyage, Je croyais regarder la vie au fond des yeux. Maintenant, la fatigue a déjà fait plus blême Ce front nu dont je sens la pâleur certains soirs ; Et cependant le charme est demeuré le même : Le bonheur est plus fort que tous nos désespoirs ! ”

