Résumé

André Joussain Anthologie néo-romantique

L’étoile du berger que la nuit accompagne,
Comme une goutte d’or jaillissant dans l’air bleu,
Regarde en souriant briller d’un dernier feu
Le casque des forêts sur le front des montagnes.
Au ciel rouge, le soir lentement survenu
Déroule la splendeur de ses métamorphoses.
L’homme, rêveur, s’accoude au puits béant des choses,
Et s’étonne, muet, au bord de l’inconnu.
Les plaines à tes pieds, songe au peu que nous somme ;
Contre ces monts, le bruit du monde s’est brisé.
L’ombre du soir descend dans ton cœur apaisé.
Que t’importe à présent l’injustice des hommes ?
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André Joussain Anthologie néo-romantique

Semblent se regarder fixement dans la nuit.
L’horreur sacrée emplit le vide. Pas un bruit.
Rien que l’énormité tragique du mystère.
Comme l’âme ici-bas, l’étoile est solitaire,
Et brûle, morne flamme, en son ombre. Les cieux
Que la frayeur de l’homme a peuplés de ses dieux
S’assombrissent, sentant qu’ils sont vides. Les astres,
Ainsi que des vaisseaux voguent vers les désastres,
S’en vont vers l’infini de destins ignorés.
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André Joussain Anthologie néo-romantique

Lorsque tant d’univers s’y perdent sans adieu,
L’espace se sait-il un vain gouffre où tout sombre ?
Astres qui charriez vos flux dans les nuits sombres,
Regrettez-vous le temps où vous étiez des dieux ?
Alors les larges nuits n’étaient pas éternelles.
Toutes les profondeurs s’illuminaient de jour.
Les hommes vers le ciel dirigeaient leurs prunelles,
Pour y voir, échappés de leurs prisons charnelles,
Tout un monde tissé de lumière et d’amour.
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