Résumé

Portrait de Maxime Du Camp Maxime Du Camp Les Cimetières de Paris

Tout n’est point ainsi au Père-Lachaise. Le temps, qui sème les folles herbes à pleines mains, qui épaissit les feuillages, grandit les arbres, revêt les pierres de sa sombre patine, le temps seul fait les beaux cimetières : il leur donne je ne sais quel recueillement mystérieux dont l’âme la plus sceptique est atteinte, et qui saisit le voyageur d’une émotion profonde dans les champs des morts de Constantinople et de Scutari; mais, lorsqu’il n’a pas fait son œuvre, le cimetière apparaît dans sa laideur et dans son insupportable vanité.
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Portrait de Maxime Du Camp Maxime Du Camp Les Cimetières de Paris

Qui fait le plus d’efforts pour échapper à l’oubli ? Est-ce la gloire, est-ce la noblesse, est-ce l’argent? C’est l’argent. Trois monumens semblent au Père-Lachaise vouloir écraser les autres, tous les trois recouvrent les dépouilles d’hommes qui ont fait fortune dans l’industrie. Les curieux les regardent, et s’en vont ailleurs en quête de tombes plus humbles, mais qui sont restées populaires comme le nom de ceux qu’elles renferment.
Il en est pour les morts comme pour les vivans, la célébrité les abandonne et toute popularité s’en éloigne.
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Portrait de Maxime Du Camp Maxime Du Camp Les Cimetières de Paris

Un peu plus haut que ces masures à ivresse, le cimetière étale ses tombes nouvelles ; elles se pressent, elles dévorent l’emplacement, et bientôt il faudra laisser reposer la terre. Saint-Ouen, Ivry, les 28 hectares qu’ils représentent, ce n’est que de l’empirisme qui coûte fort cher, ne remédie à rien et ne touche même pas au problème. En réalité, Paris n’a pas de cimetière ; ceux où il a versé ses morts depuis soixante ans ne sont plus qu’une cause d’insalubrité.
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