Résumé

Anonyme Les Progrès du libertinage

Ah Laure, m’écriai-je, combien, vous êtes peu instruite ! et combien je suis charmée d’avoir d’aussi agréables leçons à vous donner ! apprenez donc que le créateur n’a rien épargné pour mettre le comble aux plaisirs dont je suis l’apôtre, et dont je chante les douceurs avec autant de joie que de reconnoissance. L’état où vous êtes, mon enfant, est l’état d’innocence. Vous avez ce qu’on appelle votre pucelage ; c’est une faveur précieuse que la nature réserve à l’homme, et de la jouissance de laquelle vous ne pouvez le priver.
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Anonyme Les Progrès du libertinage

Collées l’une sur l’autre, et étendues sur le sopha, nous restâmes plus d’une heure à nous balancer mollement, nous tenant étroitement serrées. Nos langues n’avoient plus de force. Nos yeux, ivres d’amour, se fermerent, et nous restâmes dans cet anéantissement, un temps si considérable, qu’à notre réveil, nous nous apperçûmes que nous étions seules ; les autres s’étoient retirées dans leur cellule pour prendre quelque repos. Nous en fimes autant ; je trouvai frere Grand-pine, dormant profondément dans les bras de sœur Ursule.
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Anonyme Les Progrès du libertinage

Je t’avouerai que les six semaines qui s’écoulerent depuis la mort de Grand-pine, ton prédécesseur, jusqu’à ton entrée dans ce couvent, nous parurent six siècles. Nous avions bien les plaisirs que nous autres femmes savons nous procurer ; mais à des ames brûlantes il faut diversité de jouissances ; aussi tu dois te rappeller avec délices combien de folies nous fîmes la premiere nuit de notre union ; combien l’amour nous rendirent ingénieux, et combien nous fîmes renaître, sous mille formes différentes, et sous des attitudes multipliées, le plaisir qui sembloit s’échapper avec trop de vîtesse.
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