Résumé

Anonyme Antonin ou Le fils du capucin

Lucie, toujours aimable et sensible, avait fixé mon inconstance naturelle, et j’achetais le silence de la jalouse Ursule par quelques légères complaisances. Mais il était réservé à la mère Agnès de troubler les plus beaux de mes jours : je m’étais apperçue qu’elle me fixait avec des yeux pleins de feu, et on lisait dans les miens que je ne rougissais pas facilement. Toutefois ma figure lui plut, j’étais un ange à ses yeux... Un ange !... J’avais appris que la respectable supérieure avait le talent de trouver avec ses pareilles des plaisirs si dangereux avec les hommes.
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Anonyme Antonin ou Le fils du capucin

« Courage, prudence, amour... amour pour la vie... Demain, à minuit, je viendrai rompre tes fers... L’amour, enveloppé dans l’ombre, marche plus sûrement... Écarte tous les surveillans, et sois prête à me suivre... Pour éloigner d’autant plus le soupçon, tu chanteras cette romance que tu aimais tant, en accompagnant ta jolie voix des doux sons de ta guittare. Tout à toi... Tout à ma Lucie. »
Je fis un signe qu’elle comprit facilement, et lançai, d’une main assurée, le caillou auquel j’avais attaché mon billet.
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Anonyme Antonin ou Le fils du capucin

Mon absence ne lui fut point suspecte ; j’avais acquis l’art de mentir avec impudence, et mon parent fut dupe de mon effronterie. Je me défiai toutefois de ses carresses, elles cachaient un trait dangereux, et j’étais sur mes gardes. L’image de Lucie, de Lucie abandonnée à elle-même, à toute la vengeance de la supérieure (j’avais eu l’indiscrétion de prononcer son nom dans l’instant du plaisir) , me poursuivit long-tems ; je cherchais en vain, dans moi-même, un secours contre moi-même ; j’étais comme un voyageur qui succombe à la fatigue, et ne peut reposer ses membres épuisés.
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