André-Robert Andréa de Nerciat,
Parties de plaisir : une leçon de morale amoureuse
(1929)
“ Je n'éprouvais encore ni peine ni plaisir. Les facultés de mon âme me semblaient suspendues. J'existais dans un moment qui n'était pas encore et que je redoutais malgré moi. Je perdais la jouissance d'une infinité de gradations que mon voluptueux amant savourait avec le dernier transport. Il m'entraîna doucement; je me trouvai sur l'autel où Vénus attendait que je lui fusse immolée. Dieu.! où puisait-il les éloges passionnés qu'il prodiguait à la moindre beauté ? Je sors enfin de ma fatale apathie. Le chatouillement exquis de tant de baisers réveille "mes sens engourdis. Je suis embrasée. ”
