Anne-Gabriel Meusnier de Querlon

Résumé

Anne-Gabriel Meusnier de Querlon Psaphion, ou La courtisane de Smyrne… (1884)

Amour, indifférence, fierté, dédain, dépit, épanchement, fausse joie, ennui réel ou concerté, j'y peignois tous les mouvemens de mon cœur, tous ceux de mon imagination... Mais qu'aperçois-je sur mon front? Une ride, ô dieux! Quoi! déjà des rides? Est-il possible, fils de Vénus?... Non : la nature assurément ne m'a point encore fait un pareil outrage, c'est le miroir qui me défigure. Examinons mieux... Hélas! en vain je me flatte, ce cruel miroir ne sait point flatter. Plus je cherche à tromper mes yeux, plus il m'offre distinctement ce que je craignois tant de voir.
Source : Gallica

Anne-Gabriel Meusnier de Querlon Psaphion, ou La courtisane de Smyrne… (1884)

Si mes sens n'avoient que trop goûté toutes celles dont ils sont capables, ils ne m'avoient rien fait éprouver au delà du voluptueux instant qui commence et finit leur félicité. Mais que de ressources pour ceux qui s'aiment! Que de plaisirs précèdent encore et suivent le dernier plaisir! Ah! quand la source en est dans le cœur, celui-ci nous égale aux dieux. Nous sortons, dans ce moment, de nous-mêmes; nos âmes, en s'attirant, semblent s'épancher et s'écouler par tous nos sens ; elles
s'exhalent comme une douce essence, et nous en conservons le goût.
Source : Gallica

Anne-Gabriel Meusnier de Querlon Psaphion, ou La courtisane de Smyrne… (1884)

Cynare pâlit au nom du Crétois, et fut frappée comme d'un coup de foudre. « Quoi! dit-elle, c'est un vil esclave qui a fait éclore l'amour dans un cœur que je prenois plaisir à former moi-même ? Quoi! Sunnion est l'objet de vos premiers soupirs? Ah! Psaphion, quelle bassesse ! Est-ce là le fruit de mes leçons et des peines que je me suis données pour vous élever le cœur et l'esprit ? Cette jeunesse distinguée qui brûle pour vous n'a donc pu vous défendre de Sunnion ? »
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature