Résumé

Anonyme La Nouvelle Thérèse, ou la Protestante philosophe (1774)

C’est en vain que je voudrois me déguiser qu’une peinture trop exacte peut être non-seulement regardée comme un défaut d’équité, mais que c’est encore mal édifier le Public, que d’oser secouer ouvertement le joug de la pudeur.
J’aurois pu, je le sais, ne pas tant blesser la modestie, en broyant moins mes couleurs dans le narré de mes avantures ; mais si les charmes de l’amour se sont fait sentir à mon cœur d’une maniere trop vive, pourquoi me feroit-on un crime de les exprimer de même ?
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Anonyme La Nouvelle Thérèse, ou la Protestante philosophe (1774)

Venez ma fille, ajouta-t-elle, en me tendant les bras, & en m’embrassant de tout son cœur ; venez recevoir les premiers gages d’un amour tout sanctifié ; venez demander pardon à Dieu de toutes vos erreurs, auxquelles sans doute vous n’avez pas participé. Mes Sœurs & moi, nous y joindrons nos priéres, pour qu’il vous fasse miséricorde. Vous êtes ici, Mademoiselle dans un port assuré, où vous pourrez vous repaître, à l’abri des écueils, des douceurs d’une vie privée, tout à fait exempte d’amertume.
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Anonyme La Nouvelle Thérèse, ou la Protestante philosophe (1774)

Tourmentée par le démon de l’inquiétude, sentira-t-elle toujours son malheur ? Se laissera-t-elle dépérir, au sein même de la violence & de l’injustice ? Pourra-t-elle supporter enfin un joug si contraire aux droits de la Nature ? Non : maîtresse de ses appétits, elle trouvera le moyen de le briser.
Une douce habitude qu’elle s’est faite de la jouissance (ce grand ressort du bonheur de la vie) , ne sçauroit la dispenser de la nécessité du plaisir. Il faut qu’elle s’en procure, à quel prix que ce soit.
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