comtesse de Sophie Ségur

Résumé

comtesse de Sophie Ségur Les malheurs de Sophie

SOPHIE.—Et si Lambert arrive avec l'âne, nous ne le verrons pas.
PAUL.—Je commence à croire qu'il ne reviendra pas si tôt.
SOPHIE.—Moi, je crois, au contraire, qu'il va arriver.
PAUL.—Attendons, je veux bien, ... mais (il bâille) ... c'est bien ennuyeux.
SOPHIE.—Va-t'en, si tu t'ennuies; je ne te demande pas de rester, je resterai bien toute seule.
PAUL, après avoir hésité. —Eh bien! je m'en vais, tiens; c'est trop bête de perdre sa journée à attendre. Et à quoi bon? Si Lambert ramène un âne, nous le saurons tout de suite; tu penses bien qu'on viendra nous le dire dans notre jardin.
Source : Gutenberg

comtesse de Sophie Ségur Les malheurs de Sophie

Sophie peignait sa poupée à quelques pas du poulet, qu'elle regardait souvent, pour l'empêcher de s'éloigner. En levant les yeux, elle vit avec surprise un gros oiseau au bec crochu qui s'était posé à trois pas du poulet. Il regardait le poulet d'un air féroce, et Sophie d'un air craintif. Le poulet ne bougeait pas; il s'était accroupi et il tremblait.
«Quel drôle d'oiseau! dit Sophie. Il est beau, mais quel air singulier il a! quand il me regarde, il a l'air d'avoir peur, et, quand il regarde le poulet, il lui fait des yeux furieux! Ha, ha, ha, qu'il est drôle!»
Source : Gutenberg

comtesse de Sophie Ségur Les malheurs de Sophie

MADELEINE, regardant la poupée. —La poupée est aveugle, elle n'a pas d'yeux.
CAMILLE.—Quel dommage! comme elle est jolie!
MADELEINE.—Mais comment est-elle devenue aveugle! Elle devait avoir des yeux.
Sophie ne disait rien; elle regardait la poupée et pleurait.
MADAME DE RÉAN.—Je t'avais dit, Sophie, qu'il arriverait un malheur à ta poupée si tu t'obstinais à la mettre au soleil. Heureusement que la figure et les bras n'ont pas eu le temps de fondre. Voyons, ne pleure pas; je suis très habile médecin, je pourrai peut-être lui rendre ses yeux.
Source : Gutenberg

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