Louis-Sébastien Mercier,
Contes moraux, ou Les hommes comme il y en a peu
(1768)
“ Ah ! que devoient être grandes ces délices pour un coeur aussi sensible que celui de Sophie ! vous ne connoissez pas le bonheur d'être mére, vous qui n'avez pas compté tous les moments de joye qu'ont éprouvés vos enfants, lors qu'ils ont reçu les marques de votre amour ; qui n'avez pas eu la satisfaction de les appaiser en les serrant dans vos bras, lors que la douleur leur fait pousser des cris amers ; qui ne vous êtes pas assuré de leur bonheur, qui avez pu craindre qu'ils étoient négligés, ou que leur mort fut la fuite de votre barbarie étant causée par l'oubli de vos devoirs. ”
