Marie-Joseph de Géramb Lettre au comte de Moira,... sur les espagnols et sur Cadix… (1814)

Sophie et une chaumière, voilà le vœu de mon cœur!
L'amour n'aime point le bruit, il ne recherche point l'éclat; c'est à la solitude qu'il confie ses plaisirs comme ses souffrances; c'est dans la retraite qu'il s'exalte, c'est dans le silence qu'il jouit. L'univers n'a pas pour lui détendue : il n'esta ses yeux qu'un point fixe, un espace très limité, et ce point est celui où respire l'objet aimé. Là, tout l'enivre des plus vives sensations ; au-delà, tout est mort, tout est éteint. Il ne confie point son bonheur aux êtres animés
Source : Gallica

Marie-Joseph de Géramb Lettre au comte de Moira,... sur les espagnols et sur Cadix… (1814)

J'avais devant moi la fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, cette Princesse dont l'enfance s'est passée dans les larmes, dans les plus cruelles douleurs qui puissent affliger le cœur humain, et qui, avant d'arriver à l'âge où la raison soutient le courage, a eu successivement à pleurer son père, sa mère, sa tante, inhumainement assassinés, et son jeune frère, victime des plus atroces traitements et de la plus infernale politique : quel être réunit jamais tant de titres au respect, à l'admiration, et, j'oserai dire, à la pitié respectueuse de l'univers !
Source : Gallica

Marie-Joseph de Géramb Lettre au comte de Moira,... sur les espagnols et sur Cadix… (1814)

Que vous dirai-je, Milord?
le cruel destin ne l'a pas permis !
Je partis faisant des vœux. pour ce pays dont la délivrance m'avait semblé si probable, quelques mois auparavant; combien furent amers les regrets que j'éprouvai en le quittant ! J'y laissais, outre la famille auguste depuis si long-temps l'objet de mon amour, mes enfants, les tombeaux de mes
pères, tous les souvenirs qui charment l'existence, ces illusions qui, après avoir embelli la jeunesse, se réfléchissent encore sur le déclin de la vie, comme les rayons du soleil couchant sur la cime des arbres.
Source : Gallica

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