Résumé

Portrait de Ernest Daudet Ernest Daudet Une vie d’impératrice

Il est donc vrai que la mort effaçait dans cette âme admirable le souvenir du passé lointain pour n’y laisser vivre que celui de l’intimité qui avait régné entre elle et son mari durant les dernières années et qu’elle avait accueillie comme un bienfait du ciel. C’est ce sentiment qu’elle exprimera jusqu’à la fin dans ses lettres où l’on voit sa douleur s’exprimer sans rien perdre de sa violence et s’affirmer sa résignation qu’inspire l’espérance de rejoindre bientôt le bien-aimé. Cette espérance se réalisa le 4 mai de l’année suivante. La mort de l’impératrice Élisabeth fut digne de sa vie.
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Dès ce moment et jusqu’à l’heure où ce scandale prendra fin, à la cour de Russie, tout ce qui brigue les honneurs sera aux pieds de la favorite et, pour justifier l’Empereur des soins qu’il lui donne, rejettera sur le caractère de l’Impératrice, sur sa froideur, sur l’isolement auquel elle se condamne et dont elle ne se départ que pour se montrer dans les solennités et les cérémonies où sa présence est indispensable, la responsabilité de la trahison dont elle est la victime. Pour elle il n’y a que sévérités, toute l’indulgence est pour la maîtresse.
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À mesure que Napoléon avance, ce sentiment se lève davantage. Des vieillards qui ont perdu tout leur bien ou à peu près, disent : Nous trouverons moyen de vivre ; tout est préférable à une paix honteuse. Des femmes qui ont tous les leurs à l’armée ne regardent les dangers qu’ils courent que comme secondaires et ne craignent que la paix. Cette paix qui serait l’arrêt de mort de la Russie ne peut pas se faire heureusement : l’Empereur n’en conçoit pas l’idée et quand même il le voudrait, il ne le pourrait pas.
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