Résumé

Portrait de Joseph-Arthur de Gobineau Joseph-Arthur de Gobineau La Troisième République française et ce qu’elle vaut

On le retient par les menaces, par la peur, par l’argent, par le vin, par l’état d’excitation où on le plonge tant qu’on peut, mais malgré tous les efforts, ce n’est jamais une puissance militaire ni dense ni résistante. Il n’existe pas, dans l’histoire d’un pays quelconque, un seul exemple grand ou petit donnant lieu de penser que des troupes de ce genre peuvent vaincre autre chose et plus qu’un ennemi complètement démoralisé, déjà en déroute ou abandonné par ses chefs. C’est l’histoire uniforme de ce que les jacobins appellent les grandes journées de la Révolution.
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Mais, à l’en croire, la Terreur a tourne à l’esclavage, le Directoire au vol, l’Empire à la servitude, la Restauration à l’hébètement, par voie de sacristie, la dynastie de Juillet à l’avilissement des esprits par l’amour du lucre, le second Empire à la plus horrible corruption par l’abus de toutes les jouissances et le régime actuel tourne à ne pas savoir tourner, à ne trouver ni même à croire qu’il existe une issue par laquelle il puisse s’en aller sans trop de bruit et heureusement. Et voilà un peuple à qui l’on dit et répète que le bon sens est sa qualité distinctive !
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Le député, en venant au monde, ne trouve absolument rien du tout. Il sort de l’urne qui est sa mère, engendré par un coup de hasard, le plus ordinairement. Il n’oserait pas toujours se risquer dans une seconde conception et généralement rien n’est moins immaculé. Il peut, il est vrai, comme le grand seigneur, n’avoir pas négligé de se munir de quelque valeur personnelle, mais ce n’est nullement un besoin. Le Saint-Esprit n’en est pas moins là qui plane imperturbablement sur son cerveau et il lui est loisible, il lui est commandé d’aspirer à toutes les fonctions, d’attendre tous les honneurs.
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