J. Guixou-Pagès

Résumé

J. Guixou-Pagès Le prétendant (2e édition) (1896)

Ah! laissez-moi vous ouvrir enfin une fois mon coeur. Il y a vingt ans que j'étudie le socialisme, je m'y connais. Eh bien ! je rougis pour mon siècle et pour mon pays, que dans une nation qui passait pour spirituelle autrefois, comme la France, des jeunes gens sortis des écoles de l'Etat et chargés de recueillir et de disséminer dans le fond du pays, le bon sens public et l'intelligence officielle de la nation, aient pu descendre à ce degré de sottise et d'hébétement d'esprit. Est-il donc vrai qu'il y a des moments de décadence et d'idiotisme dans le génie éclipsé d'un peuple ?
Source : Gallica

J. Guixou-Pagès Le prétendant (2e édition) (1896)

Il n'en est pas moins vrai que les formes sociales et politiques, communément désignées sous le nom « d'ancien régime », quelque avantage qu'elles aient pu avoir pour le temps où elles étaient appliquées, ne sauraient, dans leur ensemble tout au moins, convenir à notre époque. Désirer le retour pur et simple aux institutions d'autrefois, serait rêver d'un anachronisme. Cependant, la notion véritable des choses est tellement faussée de nos jours que, pour beaucoup de Français et non des moindres, « restaurer la Monarchie » ne signifie pas autre chose que revenir à « l'ancien régime » (2) .
Source : Gallica

J. Guixou-Pagès Le prétendant (2e édition) (1896)

Suivant eux, le socialisme ne se dresserait donc pas, dans notre siècle, comme l'expression d'une théorie, d'un système, éclos dans le cerveau d'un homme, mais comme l'expression d'une loi sociale, déjà à moitié réalisée dans les faits et par la seule action de la force des choses.
« C'est bien là ce qu'entend exprimer la définition qui a été distinguée par M. Lafargue : « Le socialisme, dit-elle, n'est pas le système d'un réformateur quelconque ; c'est la doctrine de ceux qui croient que les sociétés actuelles sont à la veille d'une évolution économique fatale. »
Source : Gallica

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