Résumé

Portrait de H. Heine H. Heine Revue des Deux Mondes

Que d’autres jouissent de la pensée que leur bien-aimée viendra orner leur tombeau de fleurs et l’arroser de leurs larmes. — Ô femmes ! haïssez-moi, riez de moi ; baffouez-moi, mais laissez-moi vivre. La vie est trop follement douce, et le monde est si agréablement sens dessus dessous ! C’est le rêve d’un dieu pris de vin, qui s’échappe, à la française, du banquet divin, et s’en va dormir dans une étoile solitaire, ignorant qu’il a créé tout ce qu’il vient de rêver ; et les images de son rêve se présentent, tantôt avec une extravagance incroyable, tantôt harmonieuses et raisonnables.
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Portrait de H. Heine H. Heine Revue des Deux Mondes

« Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi. » Un sourire qui donnait le calme voltigeait sur ses lèvres, et cependant on savait que ces lèvres n’avaient qu’à siffler, et la prusse n’existait plus. Elles n’avaient qu’à siffler ces lèvres, et c’en était fait de tout le saint empire romain. C’était un œil clair comme le ciel, il pouvait lire dans le cœur des hommes, il voyait rapidement, d’un regard, toutes les choses de ce monde, tandis que nous, nous ne les voyons que l’une après l’autre, et que souvent nous n’en apercevons que les ombres et les couleurs.
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Portrait de H. Heine H. Heine Revue des Deux Mondes

Vous, madame, vous êtes vous-même la belle dame qui a déjà pleuré si amèrement à Godesberg, au récit de cette triste aventure de ma vie. Vos pleurs coulaient comme des perles ; le chien brun restait immobile ; le Rhin murmurait plus doucement ; la nuit couvrait la terre ; et j’étais assis à vos pieds, madame, regardant le ciel étoilé. Un moment je pris vos yeux pour deux étoiles. Mais comment peut-on confondre vos yeux avec des étoiles ? Ces froides lumières du ciel ne peuvent pas pleurer sur la misère d’un homme qui est si misérable, qu’il n’a plus de larmes.
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