Marcelle Tinayre,
Les Lampes voilées
“ Mettant ses pas dans les pas qu’elle a faits la veille, traçant la forme future des pas qu’elle fera le lendemain, Laurence marche, invisible en son vêtement violet et noir qui l’apparente au crépuscule. Déjà, l’œuvre du jour lui devient étrangère ; l’infirmerie, les enfants, le docteur, le pauvre soldat, tout recule et s’efface dans sa pensée. Elle n’éprouve pas l’allégresse que donne au bon ouvrier la tâche accomplie avec amour : elle est sans joie, sans chagrin, sans regret et sans espérance, comme les choses qui se soumettent à l’hiver et s’abandonnent à la nuit. ”
