Joseph Beaunier

Résumé

Joseph Beaunier Revue des Deux Mondes

Les Français regardent le grand combat et ne savent lequel des deux vaincra. Charles dort, il ne s’est pas réveillé.
La nuit s’en va, l’aube se lève claire. L’Empereur chevauche à XIVe allure. Il regarde dans les rangs de l’armée. « Seigneurs barons, dit-il, voyez les Ports et les défilés étroits ; désignez qui fera l’arrière-garde. » Ganelon répond : « Ce sera Roland, mon fillâtre, que voici ; vous n’avez baron de si grande prouesse. » Le Roi l’entend, le regarde : « Vous êtes un démon, lui a-t-il dit, une haine mortelle vous est entrée au corps. Et qui sera devant moi à l’avant-garde ? »
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Ceux de devant sont cent mille, l’écu au bras, le heaume lacé, vêtus des blancs hauberts, la lance droite, et leurs épieux bruns reluisent. Vous aurez bataille, telle qu’il n’y en eut jamais. Seigneurs Français, que Dieu vous donne le courage ! Tenez ferme dans ce champ, afin que nous ne soyons pas vaincus ! » Les Français disent : « Honni qui s’enfuira ! S’il s’agit de mourir, pas un de vous ne fera défaut ! »
Olivier dit : « Les païens sont en force et nos Français sont bien peu. Roland, mon compagnon, sonnez votre cor. Charles l’entendra et fera revenir l’armée. »
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Compagnon, c’est votre faute, car prouesse n’est pas folie, et vaut mieux mesure qu’orgueil. C’est par votre démesure que les Français sont morts. Jamais plus nous ne ferons le service de Charles. Si vous m’aviez cru, mon seigneur serait ici ; nous aurions gagné cette bataille ; Marsile serait mort ou pris. Votre prouesse, Roland, c’est à la malheure que nous l’avons vue. Charles, le Magne, — jamais il n’y aura tel homme jusqu’au jugement dernier, — n’aura plus notre aide. Vous allez mourir et France en sera honnie.
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