Résumé

Anonyme Anonyme - Huon de Bordeaux, chanson de geste

« Dame, lui dit-il, que Dieu vous garde ! Savez-vous parler ma langue ? De grâce, qu’avez-vous, ma douce amie ? — Seigneur, fait-elle, j’ai grand pitié de vous. Si le maître de céans s’éveille, vous êtes mort. — Quoi ! dit Huon, vous parlez le français ! — Oui, seigneur, répond-elle, je suis née en France, et si j’ai de vous telle pitié, c’est que j’ai vu la croix que vous portez. » — Huon lui demande de quel pays elle est. — Du bourg de Saint-Omer, répond la belle Sebile. Je suis fille du comte Guinemer et nièce du duc Séguin, de Bordeaux.
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Anonyme Anonyme - Huon de Bordeaux, chanson de geste

« Maudit soit Oberon ! s’écrie Huon. — Prends garde, dit Malabron, le petit homme t’entend. — Que m’importe ? répond Huon, il m’a fait trop de mal pour que je me soucie de lui. Mais toi, me laisseras-tu ici, ou m’emporteras-tu ? — Je te déposerai au delà de la mer, dit Malabron, je ne puis rien de plus. » — Huon monte sur le dos du lutin, s’y assied, jambes croisées, aussi nu qu’au jour de sa naissance, et traverse ainsi la mer. Malabron le dépose sur le rivage, où il l’abandonne en le recommandant à Dieu. Huon maudit encore le nain et s’en va errant à l’aventure.
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Anonyme Anonyme - Huon de Bordeaux, chanson de geste

D’où es-tu, demande Agrapart à Huon. Appartiens-tu à l’amiral Gaudisse ? — Non, répond Huon, que Dieu le confonde ! Je suis de France, et c’est moi qui ai tué ton frère, je te l’avoue. — Tant pis, par Mahomet, répond Agrapart, car tu es d’une brave nation. Laisse là ton Dieu pour prendre ma loi, viens-t’en avec moi en Orient ; je te donnerai pour domaine la marche d’Occident, et pour femme ma sœur germaine, qui est noire comme encre, plus grande que moi, et qui a des dents longues d’un pied. — Aux cent diables ta sœur ! répond Huon, je ne suis pas venu ici pour un tel mariage. En garde !
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