Résumé

Anonyme La Chanson des quatre fils Aymon

Il entend la nouvelle comme en rêve. Il relève doucement la tête et appelle Renaud : « Je vous ai entendu nommer Maugis, le fort larron. Était-ce vérité ou songe ? » — « Sur ma foi, dit Renaud, nous l’aurons dans un moment. » — « Frère, dit Richard, pour Dieu, montrez-le moi. Certes, si je le voyais avant de mourir, mon âme irait plus joyeuse devant notre Seigneur. » — « Frère, répond Renaud, je vais vous le montrer. » Il le prend par l’aisselle et le soulève. Quand Richard vit Maugis, nul homme n’eut joie si grande. Quatre fois il se pâma, et ne put dire ni oui ni non.
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Anonyme La Chanson des quatre fils Aymon

Charles est bien le prince chevalier qui combat au premier rang de ses hommes. Il nous rappelle le portrait que Joinville fait de Louis IX à la Mansourah : onques si bel armé ne vi ; car il paroit dessus toute sa gent, dès les épaules en amont, un heaume doré en son chief, une espée d’Alemaigne en sa main. Quant à Renaud, se reprochant d’avoir désarçonné son suzerain, se jetant à ses pieds, prêt à se sacrifier pour les siens, se refusant à riposter au terrible coup de Joyeuse, courtois, loyal, ami fidèle, le bon vassal par excellence, il réalise l’idéal de l’homme d’honneur de son temps.
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Anonyme La Chanson des quatre fils Aymon

Nul n’admire plus que moi la finesse de Pulci, les inventions merveilleuses de Boiardo, le génie et l’art incomparable d’Arioste, mais entre notre épopée et le roman chevaleresque italien, il est toute une littérature populaire où la matière de France a subi une première élaboration au détriment de plusieurs de ses caractères éminents. Pour ne citer qu’un exemple, le Renaud italien, épris de toutes les belles dames, infidèle à Clarisse, me paraît dériver d’œuvres telles, que l’Anchroja, qui s’inspire évidemment du Maugis d’Aigremont plus que des Fils Aymon.
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