Marguerite d' Urbal

Le fétiche (1938)

Résumé

Marguerite d' Urbal Le fétiche (1938)

Le récit d'Yvonne lui revenait à la mémoire : le mulâtre au fétiche s'appelait ainsi. Il se hasarda à regarder cet homme; c'était bien celui auquel M. Duquesne avait parlé la veille : de taille moyenne, avec un teint basané, des cheveux noirs et des yeux sombres et mobiles d'où semblaient s'échapper des étincelles.
Claude ne pouvait s'empêcher de le dévisager, c'était plus fort que lui ; et plus il le regardait, plus ses yeux lui rappelaient ceux de l'homme qui, aidé par son père, avait porté le coffre chez eux... Ce Dominique, était-ce donc bien le même homme ?
Source : Gallica

Marguerite d' Urbal Le fétiche (1938)

Perdrais-tu courage? dit M. Duquesne, en lui relevant la tête. Ta barque est brisée, me dis-tu, mais tu n'étais pas dedans, alors il n'y a pas de mal. Tant qu'il y a de la vie, il y a l'espoir. Ne pleure donc pas, Claude; qui sait? les choses s'arrangeront peut-être mieux que tu ne le penses.
— Que Dieu veuille vous entendre ! dit Claude, remis en confiance.
Et il conta comment il avait trouvé son bateau tout endommagé, et aussi comment, le même jour, il avait pu arracher à la mer une toute jeune fille qui, pour le moment, reposait chez lui.
— Cette tempête a été terrible.
Source : Gallica

Marguerite d' Urbal Le fétiche (1938)

Son avarice, ajoutée à sa cupidité, avait, après la mort de son mari, créé le vide autour de sa chaumière ; ce n'est que contraint qu'un homme vraiment hardi osait s'aventurer chez elle pour réclamer ses soins.
Le plus étrange était que la mère Mahon s'était elle-même prise à son jeu, et, à force d'effrayer des gens à l'intelligence restreinte, elle s'émouvait elle-même et croyait aux sortilèges et même aux gris-gris et aux fétiches, depuis qu'un marin mulâtre, venu d'un pays inconnu, qu'elle jugeait fabuleux, lui avait fait de savants récits sur leur pouvoir.
Source : Gallica

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