Augusta Kernoc

Résumé

Augusta Kernoc Le Mousse, par Mme Augusta Kernoc (1833)

Ils se quittèrent bien vite ; un paquet de balles, parti da la chaloupe anglaise, frappa droit dans la tête d'Yvonne, qui n'exhala pas un soupir. Son frêle corps tomba sur le bord du bateau , et rebondit aux pieds de Jean-Marie. Le mousse, muet d'abord, se leva convulsivement ; puis, de sa hauteur se précipitant sur sa petite compagne, il l'étreignait dans ses bras, il poussait d'horribles cris, il collait ses lèvres sur le trou large et sanglant qui marquait la tempe. Caëric avait quitté ses rames. Il lui fallut de la force pour séparer ces deux êtres : la vie cramponnée à la mort.
Source : Gallica

Augusta Kernoc Le Mousse, par Mme Augusta Kernoc (1833)

L'autorisation de transférer la famille à Plymouth était enfin arrivée. Il fallut porter les deux soeurs sur le pont. M. Millin ne voulut pas quitter la batterie sans adresser de touchantes actions de grâces aux nobles ames qui avaient eu compassion de son sort et qui avaient exposé leurs jours pour la défense de son bien le plus précieux. Puis il embrassa Jean-Marie , les joues baignées de larmes : le bon vieillard était si ému qu'à peine il pouvait parler. Il prit la main du mousse, et, l'attirant sur l'escalier, il lui dit d'une voix étouffée :
— Tu viendras avec nous.
Source : Gallica

Augusta Kernoc Le Mousse, par Mme Augusta Kernoc (1833)

Ma vie vous appartient. Mais je veux que votre amitié n'ait point à rougir. On parlera de moi. Je serai un homme, je vous en donne ma parole! Et peut-être un jour
Il s'élança au cou du vieillard, qui entendit murmurer à son oreille ces mots entrecoupés de sanglots :
— Adieu pour moi à mademoiselle Antoinette!
M. Millin le regarda s'éloigner à pas lents.
Trois jours après, Jean-Marie était à bord d'un corsaire, et faisait voile pour l'Ile-deFrance.
Source : Gallica

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