Augusta Kernoc, Le Mousse, par Mme Augusta Kernoc (1833)
“ Ils se quittèrent bien vite ; un paquet de balles, parti da la chaloupe anglaise, frappa droit dans la tête d'Yvonne, qui n'exhala pas un soupir. Son frêle corps tomba sur le bord du bateau , et rebondit aux pieds de Jean-Marie. Le mousse, muet d'abord, se leva convulsivement ; puis, de sa hauteur se précipitant sur sa petite compagne, il l'étreignait dans ses bras, il poussait d'horribles cris, il collait ses lèvres sur le trou large et sanglant qui marquait la tempe. Caëric avait quitté ses rames. Il lui fallut de la force pour séparer ces deux êtres : la vie cramponnée à la mort. ”
