Résumé

Édouard Bouvet Portefeuille d'un marin, par Édouard Bouvet (1839)

Quoi! il n'y a pas deux mois, vous fouliez la terre du tombeau! vous étiez à Longwood ! vous arrivez vraiment de Sainte-Hélène! Oh ! parlez-moi de ce lieu d'exil et de bonheur pour moi ! de ce lieu où mon coeur a été déchiré et heureux!
Je parle long-temps : je suis animé par la présence de l'homme qui est devant moi.
Il m'écoute avec attention, son coeur est oppressé, je vois ses yeux remplis de larmes; ces larmes redoublent à l'instant où je lui offre la branche du saule!
Las Cases m'a serré dans ses bras, il m'a appelé son ami !...
Source : Gallica

Édouard Bouvet Portefeuille d'un marin, par Édouard Bouvet (1839)

La mer terrible a brisé une partie de nos pavois et le roufle.
Mais nous filons dix noeuds; aussi, jusque-là , tout va bien. Je monte sur le pont à chaque instant, et j'en reviens mouillé et enchanté. Mais, ô désespoir! une lame affreuse tombe sur nous ; j'en suis couvert comme les autres; les cages à poules sont brisées, et tout est en désordre sur le pont : le dôme de la chambre est défoncé, la mer s'y engouffre. Je descends à la hâte, et vois l'onde furieuse blanchir d'écume dans ma petite cabine; mon lit en est couvert; mes malles sont à flot; mes violons, ma guitare, tout est inondé !
Source : Gallica

Édouard Bouvet Portefeuille d'un marin, par Édouard Bouvet (1839)

Je passais des heures entières, assis sur le couronnement, à admirer cette fourmilière de navires, celte flotte innombrable qui couvre la surface de ce paisible Océan. Lorsque la brise se carabine, ou pour parler comme les marins des bords de la Seine, lorsque le vent grossit les flots, ces algues , mariniers d'eau douce, loups de mer de beau temps , serrent leurs voiles , calent leurs mâts, elle vaisseau, en sûreté au milieu de la tempête, attend avec sécurité le retour d'un temps favorable à sa croisière.
Source : Gallica

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