Résumé

Jurien de La Gravière Souvenirs d’un Amiral, première partie…

Au moment où nous sortions de False-Bay, nous aperçûmes une division de bâtimens de guerre qui, formée en ligne de bataille, donnait dans le golfe : c’était une escadre britannique partie des côtes du Bengale, qui accourait pour s’emparer de la flotte hollandaise. Les rôles étaient changés. L’Angleterre n’avait plus pour alliée la Hollande, elle avait pour ennemie la république batave : excellente nouvelle pour tous ces croiseurs, qui ne rêvaient que parts de prise, et qui savaient quelles merveilleuses cargaisons sortaient chaque année des ports de Java et des Moluques !
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Jurien de La Gravière Souvenirs d’un Amiral, première partie…

Je sais bien ce que nous avons perdu depuis la révolution, et je ne me suis pas fait faute de le dire : ce que nous avons gagné — en marine du moins, je ne m’occupe pas d’autre chose, — c’est une certaine lucidité dans les idées, un besoin et un don d’organisation inconnus jusqu’alors ; c’est le goût des choses bien faites et la crainte des catastrophes qu’un peu de prévoyance suffit à éviter ; c’est aussi, autant que j’en puis croire mes souvenirs, un plus vif sentiment de la responsabilité.
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Jurien de La Gravière Souvenirs d’un Amiral, première partie…

Cependant il est plus naturel de croire qu’un homme qui depuis fort longtemps était sous l’influence d’une maladie nerveuse n’avait pu résister aux contrariétés multipliées et aux inquiétudes inséparables du commandement de notre expédition. M. de Mauvoisis mourut du poison qui nous avait déjà ravi M. de Terrasson et M. de Bretigny. En lui périt un de ces cadets de famille dont la révolution a éteint la race en France, race, ambitieuse et entreprenante qui, fière de sa noblesse, impatiente de sa pauvreté, cherchait dans les aventures ou dans les intrigues une fortune digne de son blason.
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