Pierre Maël

Résumé

Pierre Maël Un mousse de Surcouf (1925)

« Je veux être marin comme vous, monsieur de Clavaillan, marin comme Surcouf. Je veux faire la guerre aux Anglais et ramener maman et Anne en Bretagne. Conduisez-moi auprès de Surcouf. Je veux aller avec vous. »
Et, comme Mme Ternant poussait un cri d’alarme, il reprit :
« Oh ! ne t’inquiète pas, maman. Ce n’est pas toi, une Bretonne, qui voudrais m’empêcher d’être marin. N’oublie pas, d’ailleurs, que papa lui-même a promis à Surcouf de me donner à lui. »
Il ne fallait pas s’attendre à un consentement immédiat.
Le cœur d’une mère ne se résigne point ainsi à la séparation.
Source : Gutenberg

Pierre Maël Un mousse de Surcouf (1925)

Aux deux extrémités du canot, Evel et Ustaritz étaient en proie au délire.
La folie du Breton était sombre et farouche ; il avait des rêves noirs.
Celle du Basque, au contraire, était joyeuse, pleine de songes ensoleillés.
Et la barque courait toujours vers le sud. Ni terre ni voile ne se montraient.
Pourtant, il y eut un répit dans cette agonie affreuse, un moment de grâce.
La quatrième nuit après le cyclone, Clavaillan, dompté par la souffrance, avait fléchi à son tour. La chaloupe n’était plus qu’une épave emportée par la destinée, sans guide, sans direction d’aucune sorte.
Source : Gutenberg

Pierre Maël Un mousse de Surcouf (1925)

Le mousse pâlit, ce qui ne l’empêcha point de répondre : « Bon ami, pourquoi vivrais-je, si vous mouriez ? »
Et il ajouta, avec une naïveté qui remua le cœur du marquis :
« Souffre-t-on beaucoup pour mourir ?
— Will, répliqua Clavaillan, c’est là une question à laquelle nul vivant ne pourrait répondre. Mais, puisque tu la poses si ingénument, je te dirai que je ne le crois pas.
— Alors, raison de plus pour que la mort ne m’effraie pas. »
Clavaillan le considéra en silence, sans chercher à retenir les larmes qui lui venaient aux yeux et qui coulaient sur ses joues.
Source : Gutenberg

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