Marie d' Agon de La Contrie

Résumé

Marie d' Agon de La Contrie Le Mousse des Terre-Neuvas (1902)

Maria restait au logis sans regret et sans amertume, essayant d'embellir l'humble demeure de cette incomparable parure : la propreté! Et, quand elles se retrouvaient le soir, la veuve du pêcheur et la petite fille s'estimaient heureuses, puisqu'elles ne connaissaient pas la seule misère à laquelle nul ne peut s'habituer sur la terre : la détresse du cœur.
Toutes les deux, elles avaient ouvert les bras à Michel ; le jeune garçon était vraiment de leur famille; aussi, quand l'orphelin était triste, Célestine s'essuyait les yeux, et Maria ne chantait plus.
Source : Gallica

Marie d' Agon de La Contrie Le Mousse des Terre-Neuvas (1902)

La fillette joignit les mains.
« Tu vas partir! balbutia-t-elle. Oh! Michel, qu'est-ce que je vais devenir? »
Les larmes inondaient son visage, et dans ses yeux bleus se lisait une telle peine que le fils de Gaspard perdit tout courage. Il allait lui dire qu'il ne partirait pas, qu'il serait son compagnon de tous les jours, qu'il la promènerait au printemps dans les sentiers fleuris d'aubépine; mais dans une vision lumineuse, il la vit, non plus infirme et triste, mais gaie et florissante de santé, et il affermit dans un effort énergique sa volonté qui chancelait !
Source : Gallica

Marie d' Agon de La Contrie Le Mousse des Terre-Neuvas (1902)

Euphémie tressaillit de la tète aux pieds. -
« On le prendra comme il est ou il restera chez nous, ditelle d'une voix sifflante. L'hiver n'est pas fini, et il n'y a plus que vingt-cinq livres de pommes de terre dans la cave.
— Je n'ai besoin de rien, dit résolument l'orphelin; le capitaine me fera une petite avance, et Célestine ira au mieux de mes intérêts.
— Toujours Célestine! grommela la méchante Euphémie; tu n'aimes pas déjà tant Maria, puisque tu vas la laisser toute seule! »
Les lèvres de Michel frémirent comme s'il allait pleurer.
Source : Gallica

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