Charles Le Goffic

Charles Le Goffic

Résumé

Portrait de Charles Le Goffic Charles Le Goffic Les Phares

Au phare de Bréhat, une bernache, après avoir traversé la vitre, creva encore deux cours de miroir et s’abattit sur la lampe ; à Planier, un vol de flamans, de ses becs aigus, fit une crémaillère d’un des secteurs. L’administration, presque partout, a dû poser des grillages autour des foyers : les oiseaux s’y prennent comme aux mailles d’un filet. Le gardien les recueille au matin et, si le casuel gastronomique des braves gens s’accommode de ces hécatombes, leur moral ne s’en arrange pas moins. Toute occupation est bonne qui rompt la déprimante monotonie des factions solitaires.
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Portrait de Charles Le Goffic Charles Le Goffic Les Phares

Deux obstacles : le vent de nord, la houle de fond. Tous deux sont traîtres. Des calmes trompeurs précèdent leurs pires attaques : qu’une fenêtre bâille dans un de ces répits, c’est toute la mer par l’un, tout le poumon de la tempête par l’autre, qui s’engouffrent dans le phare. Il faut, en plein midi, fermer les volets, barricader les portes, allumer les lampes, vivre comme dans la nuit, avec, autour de soi, le formidable ronflement d’orgue, le Dies iræ perpétuel de la rafale d’en haut contre les vitres.
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Portrait de Charles Le Goffic Charles Le Goffic Les Phares

Le cercle d’horizon qu’on embrasse de ce tertre n’est pas seulement un des plus vastes qui soient, c’en est aussi un des plus mouvementés. Même par temps calme, aux traînées de bile qui strient la mer, aux remous qui tremblent sur les hauts-fonds, à la rapidité des courans, et plus encore à ces déchirures violentes du littoral, à ces longues chaînes d’écueils qui crèvent de tous côtés la nappe marine et qui sont comme les défenses avancées de la terre vers le large, on sent une hostilité latente, l’antagonisme mystérieux de deux élémens.
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