Charles Le Goffic,
Quatre jours à l’île de Sein
“ On avait peur que la tempête ne reprît avant le jour. Les tempêtes ont leur rythme, comme les marées. Une aube blafarde se leva enfin sur l’île. Elle éclaira une terre morne, ravagée, que la mer ne lâchait qu’à regret. Tout le Len ne faisait qu’un lac ; les maisons du Poul contenaient encore deux pieds d’eau. Plusieurs de ces maisons étaient lézardées ; les vivres, la paille, le son, perdus ou gâtés. Le hangar des ponts et chaussées s’en allait par morceaux. La digue de Kerlaourou montrait deux brèches de trois à quatre mètres de large. ”
