André Savignon, Filles de la pluie
“ Les jours sont monotones à l’excès dans un monde aussi restreint. La nuit, seule, semble devoir arracher Trielen à sa solitude. Avec elle, en effet, surgissent les lueurs des phares environnants, le Four, Saint-Mathieu, les Pierres Noires, le Créac’h, le Stiff, d’autres encore. C’est comme une main tendue à travers l’espace, une visite à des oubliés. Leurs éclats fouillent, pénètrent l’île avec une régularité de pendule, quelque chose d’automatique et d’inexorable et qui rappelle que, là-bas, il y a des hommes, de la vie, de la pensée — mais bientôt, on n’y fait plus attention. ”
