Anatole Le Braz,
Le gardien du feu
“ Cet autre feu, là-bas, c’est le phare de Sein... Cet autre, tout là-bas, c’est l’Ar-Mèn. Nous ne regardions que Gorlébella. Adèle, pressée contre moi, frissonnait ; d’un geste brusque, elle se cacha le visage dans ma poitrine et se mit à pleurer en silence. À ce moment, un de ces oiseaux de mer qu’on appelle des fous nous frôla presque de ses ailes, décrivit au-dessus de nos têtes deux ou trois cercles, puis plongea, comme une flèche, dans l’obscurité béante. Et j’eus le pressentiment très net que ce pays farouche, voué jadis à d’horribles holocaustes, nous serait fatal. ”
