Marc Elder

Élements biographiques

Marc Elder,  Le Peuple de la mer

“ Il ventait jolie brise et la barque cingla vite vers le Pilier, pareil, dans la brume matinale, avec sa silhouette allongée et ses deux tours, à quelque grand navire à l’ancre. L’air était vivant, corsé de salure, âpre de froid; à l’horizon, le ciel et la mer s’unissaient sous un voile qu’enfonçaient les barques sardinières, promesse de soleil pour l’après-midi.
Sitôt le sloop accosté, Jean-Baptiste courut vers le sémaphore. Il ne s’inquiéta pas de Gaud, perché aux enfléchures du mât à signaux et qui visait une fumée au large, à la lorgnette.
”
Source : Gutenberg

Marc Elder,  Deux essais: Octave Mirbeau, Romain Rolland

“ La douleur, c’est la purification, c’est l'âcre bain où notre cœur macère pour ressortir plus ferme à la fois et plus sensible. Elle détache des faux plaisirs, nous éclaire sur nous-même et sur les malheurs des autres; et parce qu’elle s’oppose directement à la vie, ainsi qu’un combattant, elle réveille en nous l’instinct de lutte.
«La souffrance et la lutte, dit M. Romain Rolland, qu’y a-t-il de plus normal? C’est l’échine de l’univers.» Et vraiment il faudrait casser les reins du monde pour les supprimer. Physique ou morale, la douleur est inéluctable mais saine.
”
Source : Gutenberg

Marc Elder,  Le Peuple de la mer

“ P’tit Pierre rit nerveusement et il en veut à son père qui dit:
—Faudra l’empêcher de faire le fou, il y restera.
Est-ce que Tonnerre n’est pas le dompteur des vagues! Est-ce qu’il peut y rester! Allons donc! il va battre la mer encore une fois, la vaincre et reparaître tout glorieux d’un nouvel exploit! Ah! que c’est beau! que c’est beau!
On ne voit rien dans les lames. Tous les yeux fouillent l’écume autour du brisant de la jetée. La mer s’étend toujours tumultueuse et vide, et il y a un moment d’angoisse.
”
Source : Gutenberg

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