“ Et Jésus leur dit : Je suis le pain de vie ; celui qui vient à moi n’aura pas faim, et celui qui croit en moi, n’aura jamais soif. — Bon ! s’écria M. Dumont avec triomphe, c’est le texte que j’attendais, et si je n’en ai pas encore parlé, c’était pour frapper plus fort. Que dites-vous de ceci, monsieur ? Ne voyez-vous pas que Jésus-Christ parle de ce pain de vie dans un sens figuré et spirituel ? Ne dit-il pas : Celui qui croit en moi n’aura jamais soif ? C’est donc par la foi et l’obéissance à sa doctrine que nous nous nourrissons de ce pain, et non par la chair et le sang de Jésus-Christ. ”
Alphonse Thomas
Élements biographiques
Alphonse Thomas (1841-1905), écrivain canadien-français, s’impose comme une figure majeure de la littérature religieuse du XIXe siècle. Son œuvre principale, Gustave, examine les tensions entre foi et rationalisme, en interrogeant les dogmes eucharistiques à travers des dialogues percutants.
L’auteur, à travers des scènes comme celle du ravin où la nature semble vibrer d’une spiritualité brute, combine réflexion théologique et poésie existentielle, affirmant une vision du sacré à la fois intime et universelle.
Citations de Alphonse Thomas
“ C’est pour cela que nous, prêtres, célébrons tous les jours cette mémoire en disant la messe, car le pain et le vin que nous tenons se trouvent, par les paroles de la consécration, changés au corps et au sang de notre divin Sauveur, et nous le donnons ensuite aux fidèles qui sont dignement préparés pour le recevoir. — Oh ! la messe, dit M. Dumont avec ironie, encore une invention de Rome, un soi-disant sacrifice qui n’a pas sa raison d’être ; étant sans effusion de sang, il n’est d’aucune utilité. Vous devez savoir qu’il n’y a que le sang d’un Dieu qui puisse laver le péché. ”
“ Votre fils est un digne jeune homme, madame ; il remplira sa promesse, et vous ramènera votre époux, soyez-en certaine. — C’est cette confiance qui me console, dit madame Dumont ; j’ai l’espérance que Dieu me rendra mon époux et mon fils. Mais veuillez me dire comment est ma fille. — Votre Alice est un ange de bonté, répondit madame Lewis, nous la voyons deux ou trois fois par semaine, et nous avons appris à la considérer comme notre propre enfant. Clara la regarde comme une sœur dont elle ne saurait se séparer, et elles ne se quittent jamais. ”
