“ Ainsi entouré et secondé par tout ce qu’il aimait au monde, Lewis sentit son espoir renaître et son courage se ranimer. « Je suis inspiré par mon génie, » s’écria-t-il avec feu ; et, faisant un choix parmi ses dessins, il travailla avec un zèle extrême, et fit en très-peu de temps deux petits tableaux délicieux des lacs du Cumberland qui dans ce moment-là étaient en grande réputation, et dont la vue rappelant à la pauvre Agnès tant de jours heureux, lui fit répandre des larmes à la fois douces et amères. ”
Lewis
Définition et enjeux
Le nom de Lewis, souvent lié à un personnage ou à un auteur, parcourt la littérature comme un motif récurrent de génie, de conflits intérieurs et d’imagination. Barbara Wreakes, dans Ludovico, examine son parcours artistique et ses failles, mettant en évidence un mélange de talent et de vulnérabilité.
Matthew Gregory Lewis, à travers Le Moine, présente une figure morale complexe, tandis qu’Emma Faucon ou Paul Duplessis placent le nom dans des contextes narratifs variés. Ces approches, mêlant psychologie et émotion, dévoilent une pluralité d’interprétations, illustrant la richesse du thème dans ses facettes humaines et artistiques.
Citations sur “Lewis”
“ Cependant, en y réfléchissant, j’ai trouvé qu’on ne pouvait, sans injustice, refuser du génie au peintre habile, au poète enthousiaste auteur d’un bon poëme, au mécanicien inventeur d’une machine utile et ingénieuse. Certainement M. Lewis en avait du moins tous les élémens ; et si ses conceptions avaient eu plus de suite ; s’il ne s’était pas cru lui-même un génie supérieur, il le serait devenu. ”
Emma Faucon, Le petit trappeur
“ Il associa Lewis à toutes ces louanges et l’assura de son souvenir. La cérémonie des adieux fut digne et imposante ; chaque guerrier vint nous serrer la main ainsi qu’aux autres Européens. Nous nous embarquâmes dans les canots et je fus le dernier à quitter la terre. J’agitai mon bouclier en signe d’adieu et les Indiens me répondirent par un grand hourra. ”
“ Son esprit observateur, qui a saisi avec intelligence les différentes nuances dont l’âme humaine est susceptible, a tracé le singulier caractère de M. Alfred Lewis ; et l’auteur l’a développé avec beaucoup d’intérêt. ”
Paul Duplessis,
Le Tigre de Tanger
“ Lewis s’inclina de nouveau, et, sûr que son maître jouissait de la plénitude de sa raison, il s’empressa de sortir. — Ah ! Fitzgerald ! Fitzgerald ! murmura Jefferies après le départ de Lewis, tu t’avises de donner de mauvais rêves à mon sommeil... Mon réveil, en revanche, va t’apprendre de terribles réalités ! Une heure plus tard, la porte de la chambre à coucher du grand juge tournait sans bruit sur ses gonds soigneusement entretenus, et donnait passage à l’exécuteur des hautes œuvres de la ville de Londres. ”
“ M. Lewis n’était point ce qu’on appelle un homme vicieux ; il adorait sa femme, il chérissait ses enfans ; il avait aussi des talens très-réels ; mais sa versatilité dans leur application, une hauteur dans le caractère, qu’il appelait la noble fierté d’un gentilhomme, et qui l’empêchait de chercher les occasions de tirer parti de son travail, et surtout cette confiance illimitée dans son génie, et l’orgueil qui en était la suite, ternissaient toutes ses bonnes qualités, et les rendaient inutiles à son propre bonheur et à celui des objets de son affection. ”
Matthew Gregory Lewis,
Le Moine
“ « Mais, » ajoute-t-il, « avons-nous beaucoup d’amis qui n’aient que des ridicules ? Lewis était une des meilleures créatures qui aient existé. Son père et sa mère vivaient séparés, et le vieux Lewis, qui avait alloué à Matthew une pension assez forte, la réduisit de moitié lorsqu’il sut que celui-ci la partageait avec sa mère ; mais Matthew restreignit en proportion ses dépenses personnelles, et, tel qu’il était, son revenu fut employé comme auparavant. Il faisait beaucoup de bien à la dérobée. » ”
Eugène Mouton,
Nouvelles, avec le canot de l'amiral dessiné et gravé…
(1882)
“ Je ne comprends plus ... Pourquoi ? – Pourquoi ! Pourquoi , Lewis ? Mais regardez -moi donc ! Mais reconnaissez donc ce que je suis ! Et d' un mouvement subit , prenant la main de Lewis et la serrant sur son propre cœur : – Parce que je t' aime ! lui cria - t - ELLE ! Le lendemain , vers sept heures du matin , le révérend Jonathan , comme à son ordinaire , demanda un peu d' eau chaude pour se faire la barbe , et parut au déjeuner , rasé de frais : du moins ses lèvres et son menton avaient comme de coutume une teinte azurée , et ses deux petits favoris étaient toujours à leur place . ”
“ M. Lewis arrive à Londres, et avec un grand battement de cœur il vole à l’Académie, parcourt les salons d’exposition, et découvre enfin son tableau chéri, cet ouvrage précieux auquel il avait travaillé depuis plus d’une année avec tous les trésors de son génie, étudiant sans cesse la nature pour la rendre avec plus de vérité, s’exposant aux ardeurs du soleil, ou bien inondé de pluie, passant des journées entières sans manger, et des nuits sans dormir, à combiner, arranger dans sa tête ce qui pourrait produire un meilleur effet sur la toile. ”
“ Le jeune Alfred Lewis aimait sincèrement ses parens et les regretta beaucoup ; mais ni l’exemple des erreurs de son père ni celui des vertus de sa mère n’eurent aucune influence sur lui. Inconsidéré, impétueux, enthousiaste, passionné, plein de présomption sur ses talens et son génie, s’abandonnant sans aucune raison aux caprices de son imagination ou plutôt à ses fantaisies ; mais à côté de ces défauts, généreux, affectionné, franc, sincère, ouvert, on ne pouvait pas plus se défendre de l’aimer que de le blâmer. ”
“ LUDOVICO, OU LE FILS D’UN HOMME DE GÉNIE. CHAPITRE PREMIER. Croyez à ce que je vous dis, mistriss Lewis ; votre fils est un enfant plein de génie, un génie rare ; je vois cela, disait un amateur de peinture à la femme d’un peintre très-habile dont il était venu voir les ouvrages. M. Lewis n’était pas au logis ; son fils, jeune garçon de douze ans, dessinait avec attention à l’un des bouts de la table, et c’est en examinant ses esquisses que le gentil-homme se récriait sur son talent. ”
“ Mon Lewis, pensait-elle douloureusement, a le cœur d’un gentil-homme. Il aime à être honnête, à partager avec ses amis tout ce qu’il possède... et même ce qu’il ne possède pas, ajoutait la sagesse. Malgré son ardent désir de l’excuser, elle ne pouvait s’empêcher de penser que le premier devoir d’un homme et d’un père de famille, est de pourvoir aux besoins de ses enfans plutôt qu’à ses fantaisies et à sa générosité, mais elle s’arrêta peu sur les torts de Lewis. ”
Emma Faucon, Le petit trappeur
“ Puis un matin, le cœur gonflé et les yeux mouillés de larmes, je lui serrai les mains et l’embrassai pour la dernière fois, car je ne devais plus le revoir. Plus tard j’appris que Lewis avait suivi mon conseil et qu’il s’était marié peu de temps après notre séparation. Il avait acheté une maison et s’était retiré aux environs de Saint-Louis, se livrant à l’exploitation de ses terres et à l’éducation de deux beaux enfants, qu’il élève dans l’amour du bien et du beau. Il fait de temps en temps une petite excursion de chasse, afin, dit-il, de ne pas se rouiller la main. ”
Paul Féval, Le tueur de tigres. 2 (1853)
“ Mac-Aulay n'est pas encore venu. — Je ne comprends pas du tout votre plan, répliqua Lewis. Le marchand de chevaux regarda tout autour de lui et se rapprocha mystérieusement du tailleur. — Parlons bas, dit-il. Je n'ai pas voulu mettre dans la confidence les Filowski, les Staunton et autres gens de peu; mon idée les eût effrayés. Vous, au contraire, Lewis, vous êtes un homme comme il faut, et vous gagnez autant que moi. Mon idée est simple comme bonjour : cette lady Bridgeton nous gêne; je veux la supprimer. ”
Edmond Rousseau, Les exploits d’Iberville
“ Dignement secondé par sa femme, il avait fait de son fils Lewis un brave et bon enfant, aux sentiments nobles et élevés, qui était l’orgueil de sa vieillesse. Mais Lewis, par la carrière qu’il avait embrassée était le plus souvent absent de la famille. Or, une partie de la tendresse que celle-ci ressentait pour le jeune homme s’était reportée sur sa sœur Ellen, une adorable enfant de quinze ans. ”
“ Prenez cela pour votre consolation, M. Lewis, car vous avez l’air bien triste ; peut-être que votre père est mort et que c’est là ce qui vous chagrine. J’en serais bien faché ; mais qu’y faire ? Nous sommes tous mortels ? Enfin dites-lui que son tableau est dans la plus belle chambre de la terre de Coronghdale en Irlande, où tout le monde l’admire ; n’y manquez pas : dites-lui aussi que Dermot, valet de chambre de sir John Giffort l’a pendu d’abord, et puis l’a frotté tous les jours, et n’oubliait jamais de lire son nom... ”
P. Challemel-Lacour, Les Hommes d’état de l’Angleterre - Sir George Cornewal Lewis
“ Apprenant tout, les finances, l’administration militaire, etc., comme s’il les eût aimées, il était toujours un homme utile et devenait bientôt nécessaire ; au fond, il n’aimait que la science. On a vu fréquemment chez nous des historiens, des poètes, des journalistes, des philosophes, se mêler à la politique, et y porter les qualités d’apparat et les défauts attachés à leur métier d’écrivain. Lewis était né critique, et dans la politique il est demeuré tel : non pas qu’il songeât à se tenir en dehors des cadres existans, à se cantonner dans un isolement qui l’eût condamné à l’inaction ”
Emma Faucon, Le petit trappeur
“ Quand le carré fut mis à nu, il fallut retirer la terre avec nos mains pour la déposer sur les nattes qui nous entouraient. C’était un travail long et fatigant, et nous étions obligés de nous reposer de temps en temps ; enfin après deux heures de ce genre d’exercice, j’aperçus au fond du trou des branchages qui recouvraient des paquets et des ballots pliés et fermés avec soin. C’était le trésor de Lewis. ”
P. Challemel-Lacour, Les Hommes d’état de l’Angleterre - Sir George Cornewal Lewis
“ Lorsque les livres et le papier lui manquent en voyage, dans la carriole du vetturino, dans le salon d’attente du médecin, sa mémoire contient une bibliothèque qu’il passe incessamment en revue : un soir, par exemple, sur une route d’Italie, il récite à son père une partie de l’Enéide. De tels hommes n’ont pas besoin de distractions, et Lewis professait la maxime que, à tout prendre, la vie serait supportable, si on en ôtait les plaisirs. ”
“ M. Lewis (c’était le nom du jeune artiste) avait été de son côté très-satisfait du bon sens, de la simplicité et de la sensibilité du pasteur de New-Kirchdale. Il est rare que les impressions favorables ne soient pas réciproques ; et comme M. Lewis avait l’habitude de céder à l’instant à toutes les siennes, de poursuivre avec ardeur tout ce qui l’attirait, d’admirer, de mépriser, d’adorer ou de détester tout ce qui se rencontrait sur son chemin, son adoration pour le vieux pasteur de New-Kirchdale le conduisit dès le lendemain de bonne heure au presbytère. ”
Jules Verne,
L’Étonnante Aventure de la mission Barsac
“ Eh quoi ! Lewis et son père croyaient si aisément à la honte de George ! Sans contrôle, sans enquête personnelle, ils acceptaient comme démontrées des accusations venues des lointains d’outre-mer ! Qu’importaient les rapports officiels ? Contre ces rapports, contre l’évidence même, le passé de George protestait. Qu’il fût un traître, ce grand frère si droit, si bon, si pur, dont toute la vie attestait l’héroïsme et la loyauté, voilà qui était impossible ! Alors que tout le monde reniait le pauvre mort, elle, du moins, honorerait sa mémoire, et sa foi en lui ne pâlirait jamais. ”
“ Madame Lewis était convaincue que ce qu’on obtient de soi-même par une constante application, toujours assez difficile, conduit plus sûrement au but que des talens brillans et faciles ; elle redoutait même pour son fils une célébrité qui excite toujours l’amour-propre, éteint par conséquent la sensibilité, et éveille souvent des passions dangereuses. ”
P. Challemel-Lacour, Les Hommes d’état de l’Angleterre - Sir George Cornewal Lewis
“ En un mot, ils posent les problèmes à merveille, ils en connaissent parfaitement les données, mettent à néant sans pitié les solutions des autres, et, en y substituant la leur, ils ne manquent jamais d’y introduire un élément personnel qui fausse tous les calculs. Pour montrer à quel point cette maladie domine les plus fermes esprits, Lewis rappelle une amusante méprise de Niebuhr. ”
“ M. Lewis avait déjà eu de ces velléités mécaniques ; comme il avait étudié cette science dans sa première, jeunesse, vu travailler son père, et qu’il avait vraiment du talent et de la facilité pour tout ce qu’il entreprenait avec zèle, ses premiers essais, réussirent. Il avait presque achevé la construction d’une machine calculée, pour améliorer et faciliter la manufacture des draps, et qui diminuait beaucoup la main-d’œuvre, sans cependant la rendre inutile ; chose essentielle dans un pays aussi populeux. ”
Eugène Mouton,
Nouvelles, avec le canot de l'amiral dessiné et gravé…
(1882)
“ Parlant ainsi , ses cheveux flottant au vent , les lèvres frémissantes , l' éclair dans les yeux , il avait l' air d' un séraphin , mais d' un séraphin si beau , que Lewis , perdant de vue l' habit du ministre et ne voyant plus que l' homme , ne put s' empêcher de lui dire : – Monsieur le révérend , monsieur le révérend ! vous allez mettre le pied sur une terre qui brûle ! Vous pourriez bien , au lieu de calmer tous ces cœurs agités , les mettre à l' envers ! Et vous-même tenez -vous bien , car enfin vous êtes à marier ... ”
“ Mais bah ! le croira qui voudra ; il ne serait pas où il en est, ni vous non plus, pauvre dame, si on tirait comme cela vingt guinées du portrait d’un vieux arbre. Mauvais métier que cela ! gueux comme un peintre, dit le proverbe, et il a bien raison. Je ne voudrais pas que ma Nancy en épousât un pour tout au monde, et si j’étais de vous, madame Lewis, je défendrais bel et bien à mon petit Lu... Lu... je ne sais comment il s’appelle, de toucher un pinceau ou un crayon. Voyez son père ! un joli homme tout-à-fait, bonne façon, l’air d’un seigneur, et qui sait tout faire, dit-il. ”
P. Challemel-Lacour, Les Hommes d’état de l’Angleterre - Sir George Cornewal Lewis
“ C’est en somme l’éternel débat entre l’esprit géométrique et l’esprit de finesse transporté sur le terrain du gouvernement. Aux yeux de Lewis, les théories que la pensée élève de toutes pièces ouvrent à qui veut les réaliser une carrière de déceptions et d’aventures ; mais le pur empirisme que professent certains hommes d’état n’est pas moins funeste. Il y la des vérités générales en politique, parce que la nature humaine a des lois ”
Emma Faucon, Le petit trappeur
“ Il fallait terminer l’éducation de notre cheval, ce qui n’était pas très-aisé, car il était d’un naturel plus farouche que ne le sont ordinairement les chevaux des prairies qui, une fois vaincus, s’accoutument facilement à l’obéissance, quittes à reprendre leur vie sauvage à la première chance de liberté. Ensuite Lewis voulut profiter de l’occasion et augmenter le nombre de ses fourrures puisque notre cheval pouvait nous servir à les transporter jusqu’à la cache. ”
Gabriel Peignot, Lettres de Gabriel Peignot à son ami N.-D. Baulmont… (1857)
“ Il ne faut pas que j'oublie de vous faire connaître un charmant cadeau que m'a rapporté le cher Jolyet; c'est un petit in-18 admirable intus et extra, petite facétie intitulée les Baliverneries d'Eutrapel, réimprimées à 100 exemplaires à Londres par trois Anglais sur magnifique papier vélin, avec un soin dont nous n'approchons guère en France. La reliure est du fameux Lewis, de Londres, premier relieur du pays. Elle est tout à fait dans le genre qui convient à cette petite drôlerie. C'est d'une netteté, d'une propreté admirable. ”
Sébastien-Roch-Nicolas Chamfort, Œuvres Complètes de Chamfort (Tome 5…
“ Depuis, et dès Lewis, nous avons parcouru le plus beau pays de l'Europe, par la variété des sites et de la verdure, la beauté et l'opulence de la campagne, la propreté et l'élégance rurale de chaque propriété. 392 C'est un attrait pour les yeux; c'est un charme pour l'âme, qu'il est impossible d'exagérer. Les approches de Londres sont entre autres d'une beauté champêtre dont la Hollande même ne m'a point fourni de modèles ”
Mrs Henry Wood, Johnny Ludlow : roman (1879)
“ On parla beaucoup de son testament qu'on qualifiait de folie. Elle laissait tout ce qu'elle possédait au recteur, comme marque d'affectueuse confiance, sachant qu'à l'égard de ses fils, il agirait avec justice et droiture. Tout le monde pensait ainsi ; car le Pasteur Lewis était un homme honnête et loyal, mais on disait à Timberdale que, dans l'intérêt des deux garçons, elle aurait dû agir différemment. Sa fortune consistait en un revenu d'au moins huit cents livres sterlings (20,000 fr) . par an. M. Lewis avait une sœur, madame Dean, une veuve ui habitait près de Liverpool. ”
