“ Celui qui aime de toutes les puissances de son âme est sur d’avance d’être aimé si le cœur auquel il s’adresse est encore libre. Celui d’Agnès ne se doutait pas de l’amour avant d’avoir vu et entendu M. Lewis ; il se donna en entier, et lorsque celui-ci lui demanda son aveu pour l’obtenir de ses parens, Agnès rougit et baissa les yeux en silence. Déjà elle avait avoué à son père que le jeune peintre lui était plus cher que la vie ; elle ne le lui cacha pas à lui-même. Transporté de joie, il la quitta pour aller parler à son ami Rumney. ”
Barbara Hofland
Élements biographiques
Barbara Hofland (1770-1844), écrivaine anglaise, s’illustre par ses récits moraux et didactiques destinés aux enfants, ses manuels scolaires ainsi que ses poèmes. Son œuvre, marquée par des thèmes de piété, d’intégrité et de dévouement familial, explore les tensions entre l’ambition personnelle et les devoirs sociaux.
Parmi ses textes majeurs figurent Ludovico, The Captives in India et Tales of the Priory, où l’art et la foi s’entrelacent pour illustrer l’équilibre entre idéalisme et réalité. Son style pédagogique et ses récits édifiants en font une figure singulière de la littérature morale du XIXe siècle.
Citations de Barbara Hofland
“ Le travail est pesant quand, au lieu de procurer quelque bien-être à soi-même et à sa famille, il ne sert qu’à acquitter une dette, qu’à rembourser un argent consommé d’avance. Cette règle doit être surtout observée dans des occupations telles que la vôtre, où le goût et l’imagination doivent agir. Il est presque impossible d’exercer l’un ou l’autre avec succès, quand l’esprit est tourmenté de l’idée d’une dette et de n’avoir rien pour vivre après qu’on l’aura payée. Un homme honnête, dans une telle situation, peut travailler beaucoup, mais ne travaillera pas bien. ”
“ Mais il s’était décidé pour le paysage : ce genre demande plus de temps et plus de perfection, si l’on veut obtenir une grande réputation, et jusqu’à ce qu’elle soit établie, il n’y a pas des gains considérables à espérer. Il pouvait au moins ménager son patrimoine et l’augmenter même en enseignant son art ; mais il regardait ce moyen comme tout-à-fait indigne de lui et comme une vraie dégradation pour le génie qu’il croyait avoir, non-seulement pour la peinture, mais pour tout ce qui lui passait dans la tête, et qu’il poursuivait avec l’ardeur de son âge et de son caractère. ”
