Résumé

Route de Timmimoun. Heures religieuses

“ O pauvre civilisé ! si tôt désemparé, si vite vaincu ! Tu as pourtant rêvé des interminables caravanes qui plongent dans l'or rouge poudroyant du désert. Tu as envié la sagesse, la résignation du mendiant...
Oui, en vérité, depuis le jour où j'ai dû l'enjamber, couché à travers un trottoir d'Alger, c'est le mendiant que j'envie ici. Penché sur lui, j'ai cru reconnaître, qui ne rit ni qui ne pleure, la face même de la Sagesse. Sorti de ses rêves, il se hâte de boire l'ivresse à la coupe immatérielle que lui tend le soleil... Car du soleil émane toute joie.
”
Source : Gallica

Route de Timmimoun. Heures religieuses

“ Je le vois aujourd'hui dans l'horreur lancinante du steppe. Je le pensais d'instinct à propos des Turcs chassés de cette Europe dont ils avaient rendu une part infertile.
Cette Afrique du Nord, au temps lointain où elle fut le grenier de Rome, était grasse et dorée du sang des olives broyées...
Elle avait déjà ses hauts plateaux stériles, certes, mais l'Islam, qui dans l'envoi tourbillonnant des burnous surgit à l'Orient comme un ouragan, dénuda le sol là même où il avait été le plus riant.
Et pourtant, on m'a cité un proverbe arabe : « Celui qui a planté un arbre n'a pas perdu sa vie. »
”
Source : Gallica

Route de Timmimoun. Heures religieuses

“ Que la lumière d'Afrique y est douce comme si elle avait caressé les verdures du Nord ! Et les enchapures ! et les raidisseurs ! et cet admirable mât transversal en frêne verni et raccords cuivre ! qu'il est beau !
Je me soucie pas mal de vos gares, de vos palais, des maisons malodorantes et des lits fétides. Je vis sous ma tente ; j'y règne ; si je vais au seuil, je n'y vois, jusqu'à l'horizon, qu'un pays où je suis le maître, car il est là, sous ma main, ce bon fusil automatique, « où l'éjection de la douille se fait automatiquement par la seule pression des gaz ! »
”
Source : Gallica

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