Résumé

Souvenirs d'Afrique, 1854-1855… (1868)

Au fond de l'Afrique, ces airs sont comme les cloches du village natal, et, par les souvenirs qu'ils évoquent, l'âme s'en attendrit autant qu'elle s'en exalte. Les trompettes sonnaient en andante, se répétant plus souvent à mesure qu'elles se rapprochaient; l'air apportait la joie d'un triomphe.
L'escadron parut dans la plaine, gardant son ordre de bataille comme s'il revenait d'une parade, officiers en tête, chaque spahis le fusil haut sur la cuisse ; suivi du goum, dont les chevaux, couverts de sueur, marchaient dans un nuage de vapeur.
Source : Gallica

Souvenirs d'Afrique, 1854-1855… (1868)

L'harmonie est une sorte d'inconnue pour notre âme, comme le principe qui fait la pensée, et quand la mélodie nous charme, c'est la rabaisser de dire seulement qu'elle nous fait plaisir. La musique est, des choses matérielles', la plus rapprochée de l'immatérialité. Dans certaines dispositions de notre âme, elle centuple les sensations sans les détourner de leur direction : elle fait pleurer les tristes, sourire les heureux, vient en aide au courage et à l'amour, et, comme preuve de son origine divine, elle refuse de se prêter aux mauvaises passions humaines. Il n'y a pas de musique obscène...
Source : Gallica

Souvenirs d'Afrique, 1854-1855… (1868)

Le voisinage du Maroc ne rend pas prudentes les promenades au dehors, mais l'idée d'un certain danger a ses attraits. Elle semble relever les actes les plus ordinaires. Le moral, quelquefois ébranlé, y est moins abattu, parce qu'il se relève par la conscience d'un devoir accompli, par la responsabilité augmentée. Quand il s'agit d'Arabes féroces dans le combat, de lions et de panthères dans les chasses, de fléaux dans les maladies, la vie prend des proprotions peu communes, et l'homme y porte un sentiment d'orgueil de soi-même, sans mélange de vanité.
Source : Gallica

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