Résumé

Croquis algériens par Charles Jourdan (1880)

Et tout d'abord, pour voir Alger, prenons la peine d'y aller ; le voyage n'a rien de fatigant quand on le fait en pantoufles; vous verrez que cette mer à traverser, si effrayante pour beaucoup de gons, n'est pas, à tout prendre, la mer à boire.
Nous voici à Marseille; dans une heure le paquebot des Messageries partira. Dirigeons-nous vers la Juliette, où le navire jette déjà au vent son panache de fumée.
C'est l'été, la tente est dressée sur le pont, le couvert est mis dans le vaste salon où cent cinquante convives pourraient tenir à l'aise.
Source : Gallica

Croquis algériens par Charles Jourdan (1880)

Sa toilette faite, il était conduit en grande pompe au palais de la fée Mitidja, dont l'Alhambra, paraît-il, n'a été qu'une pâle reproduction. Fines colonnes de marbre, bois de cèdre plus ouvragé que nos dentelles, hautes murailles de faïence, bassins où l'onde murmure, enchevêtrement de lignes harmonieuses incrustées dans la pierre, tapis soyeux aux chatoyantes couleurs, rien ne manquait à ce palais.
On voit que le luxe n'est pas d'invention moderne.
Source : Gallica

Croquis algériens par Charles Jourdan (1880)

Les Kabyles n'ont ni le langage, ni le type, ni les moeurs des Arabes; leurs femmes vont visage découvert et montrent sans honte aux étrangers leurs traits fins, qu'altèrent presque toujours les taches bleues des tatouages. On les rencontre partout dans la montagne ces filles robustes, le haut de la tête serré dans un mouchoir de cotonnade rouge d'où sort l'ébouriffement d'une chevelure inculte, les pieds, les bras et le col nus, chargés de grossiers bijoux, et le corps couvert de haillons informes qu'une ceinture relève et maintient autour des hanches.
Source : Gallica

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