Gabriel Charmes

Résumé

Gabriel Charmes Revue des Deux Mondes

On est à Tibériade, au pays de Génézareth, à la patrie préférée de Jésus. L’émotion qu’on n’éprouve guère aux portes de Jérusalem, il est impossible de ne pas la ressentir en face de cet admirable paysage, où la nature répond complètement à la grandeur et à la grâce des souvenirs. La beauté des lignes générales, la splendeur des couleurs, le charme pénétrant de chaque détail, la majestueuse simplicité de l’ensemble, tout concourt à ébranler l’âme, à réveiller l’imagination que la Palestine avait engourdie. Le lac occupe le fond d’un bassin élevé sur lequel il reflète ses nuances les plus fines
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Gabriel Charmes Revue des Deux Mondes

Derrière Jérusalem, des amphithéâtres de montagnes pierreuses s’étendent à l’infini. Quand on se tourne dans la direction opposée, le spectacle change complètement. On aperçoit à l’horizon les montagnes de Moab noyées dans une sorte de vapeur bleue ; la Mer-Morte, dont les reflets sont plus bleus encore, vient mourir lourdement, en formant une courbe élégante, dans l’immense vallée du Jourdain ; puis cette vallée elle-même se perd au loin dans une brume toujours bleue, c’est la plus belle symphonie du bleu qu’on puisse rêver ! Du mont Scopos au mont Sion, il ne faut guère que quelques minutes.
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Gabriel Charmes Revue des Deux Mondes

C’était par une délicieuse journée d’hiver, sur le chemin de fer d’Athènes au Pirée. La campagne de l’Attique était inondée d’une lumière éclatante, l’Acropole brillait à l’horizon. Il faisait très chaud. J’avais à côté de moi, dans le wagon, une jeune fille douée de cette beauté particulière de l’Orient, dont le charme est irrésistible : des yeux à percer les cœurs les plus rebelles, un profil antique, un teint bronzé, une richesse de formes admirable.
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