Résumé

Portrait de Blaise Pascal Blaise Pascal Œuvres complètes de Blaise Pascal

Mon père, ce mot de grâce actuelle me brouille ; je n’y suis pas accoutumé : si vous aviez la bonté de me dire la même chose sans vous servir de ce terme, vous m’obligeriez infiniment. — Oui, dit le père, c’est-à-dire que vous voulez que je substitue la définition à la place du défini : cela ne change jamais le sens du discours ; je le veux bien. Nous soutenons donc, comme un principe indubitable, qu’une action ne peut être imputée à péché, si Dieu ne nous donne, avant que de la commettre, la connoissance du mal qui y est, et une inspiration qui nous excite à l’éviter.
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Dieu ne veut pas que ce soit autre chose que sa grâce qui fasse maintenant qu’on ne s’éloigne pas de lui, c’est-à-dire qu’on ne cesse de le prier ; au lieu qu’il l’avoit laissé au libre arbitre d’Adam. Car, si c’est un principe ferme dans la doctrine de saint Augustin, que le libre arbitre n’est plus maintenant capable de se servir d’un secours prochainement suffisant : n’avons-nous pas sujet de conclure qu’il n’y a rien de plus absurde que de dire que les justes ont un secours prochainement suffisant pour ne point s’éloigner de Dieu dans la prière ?
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Nous connoissons qu’il y a un infini, et ignorons sa nature. Comme nous savons qu’il est faux que les nombres soient finis, donc il est vrai qu’il y a un infini en nombre : mais nous ne savons ce qu’il est. Il est faux qu’il soit pair, il est faux qu’il soit impair ; car, en ajoutant l’unité, il ne change point de nature ; cependant c’est un nombre, et tout nombre est pair ou impair : il est vrai que cela s’entend de tous nombres finis.
Ainsi on peut bien connoître qu’il y a un Dieu sans savoir ce qu’il est.
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